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Trois soldats français sont attaqués au couteau dans le sud du pays

03/02/2015 07:56 EST | Actualisé 05/04/2015 05:12 EDT

PARIS - Un ex-criminel dont les allées et venues étaient surveillées par les autorités françaises et turques de lutte au terrorisme serait responsable d'une attaque au couteau survenue mardi contre trois soldats français à l'extérieur d'un centre communautaire juif dans le sud de la France, ont affirmé des responsables.

L'agence antiterrorisme française avait signalé la semaine dernière le suspect, Moussa Coulibaly, aux autorités turques avant qu'il ne s'envole le 28 janvier avec un aller simple pour la Turquie, un point de transit pour les djihadistes de l'Europe voulant joindre les combattants extrémistes islamistes en Syrie et en Irak, a indiqué un responsable de la sécurité en France.

Moussa Coulibaly et un présumé complice ont été mis en détention après l'attaque contre ces soldats, qui menaient une patrouille antiterroriste devant le centre communautaire juif à Nice dans le cadre de mesures de sécurité accrues depuis l'attentat contre «Charlie Hebdo» à Paris le mois dernier.

Cet événement illustre la coordination améliorée entre les autorités françaises et turques dans le combat contre le mouvement des djihadistes en devenir, tout en alimentant les craintes que ces individus qui ne sont pas en mesure de se rendre en Irak ou en Syrie y aillent de gestes de violence dans leur pays de résidence.

Après son retour au pays, les autorités françaises avaient été dans l'incapacité de soumettre suffisamment de preuves contre Coulibaly pour ouvrir des procédures judiciaires contre lui. Agnès Thibault-Lecuivre, une porte-parole du bureau du procureur de Paris, qui gère les affaires de terrorisme, a affirmé que Coulibaly avait été condamné précédemment à six reprises sous des accusations incluant vol, violences, usage d'une drogue illégale et insultes contre la police — mais pas de terrorisme.

Dans un message texte à l'Associated Press, Mme Thibault-Lecuivre a affirmé qu'il n'y avait pas de parenté entre Moussa Coulibaly et Amedy Coulibaly, qui a tué quatre otages dans un supermarché cachère de Paris et abattu une policière dans le cadre des violences terroristes du mois dernier en France.

Ce nom de famille est très fréquent parmi les familles maliennes.

Une porte-parole du syndicat des policiers de Nice, Sarah Baron, a indiqué que l'agresseur avait été arrêté après l'attaque perpétrée près du grand magasin Galeries Lafayette.

Le maire de Nice, Christian Estrosi, a de son côté révélé que l'individu était en possession d'une carte d'identité au nom de Moussa Coulibaly.

L'assaillant était armé de «deux grands couteaux qui ressemblaient davantage à une machette qu'à un couteau», a déclaré à la station de télévision BFM un responsable de la sécurité à l'hôtel de ville de Nice, Philippe Pradel.

«Il a librement attaqué le soldat, mais le couteau était inefficace parce que le soldat portait un gilet pare-éclats. Alors à ce moment, il a essayé d'attaquer son visage», a dit M. Pradel.

Un autre représentant de la police a expliqué que l'agresseur avait sorti une lame d'au moins 20 centimètres d'un sac avant d'attaquer un soldat, le blessant au visage. Les deux autres soldats ont aussi été blessés avant l'intervention de policiers antiémeute qui avaient été déployés à proximité de l'édifice, qui abrite notamment un centre communautaire juif.

Une gestionnaire du centre a confirmé, sous le couvert de l'anonymat par crainte de représailles, que l'attaque avait eu lieu en milieu de journée. L'homme de 30 ans a un casier judiciaire mais ses motifs demeurent obscurs.

Le maire Estrosi a dit à BFM qu'un complice présumé avait été épinglé.

La police française avait arrêté, plus tôt mardi, sept hommes et une femme qui auraient collaboré à un réseau de recrutement de djihadistes à destination de la Syrie.

Il s'agit des plus récentes arrestations effectuées en France dans la foulée des attentats terroristes de Paris.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a toutefois indiqué que ceux qui ont été épinglés mardi près de Paris et Lyon ne sont pas soupçonnés d'avoir trempé dans ces attaques, même si la police continue à rechercher d'éventuels complices des trois hommes qui ont attaqué les locaux de l'hebdomadaire satirique «Charlie Hebdo» et une épicerie cachère.

Trois des individus arrêtés mardi s'étaient rendus en Syrie avant de rentrer en France en décembre. On ne sait toutefois pas s'ils sont membres du groupe État islamique ou d'une autre organisation.

Le réseau a commencé à envoyer des combattants français vers la Syrie en mai 2013, et au moins un d'entre eux y a été tué. D'autres membres du réseau sont toujours en Syrie.

Un responsable français a ajouté, sous le couvert de l'anonymat, que ce réseau ne semblait pas préparer d'attentat ou être lié aux autres réseaux déjà démantelés.

Par ailleurs, le gouvernement allemand prévoit adopter des lois plus sévères pour empêcher ses citoyens de rejoindre les djihadistes en Syrie, en Irak ou ailleurs. Le cabinet discutera mercredi d'une loi qui criminaliserait le départ de l'Allemagne dans le but de joindre les rangs d'une organisation terroriste. Une deuxième mesure permettrait aux autorités de poursuivre en justice quiconque transfère ne serait-ce qu'une petite somme d'argent aux djihadistes.

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