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Les partisans vont se souvenir longtemps de la défaite des Seahawks

03/02/2015 07:23 EST | Actualisé 05/04/2015 05:12 EDT

SEATTLE - Aussi étonnant que celui puisse paraître, la défaite crève-coeur des Seahawks de Seattle face aux Patriots de la Nouvelle-Angleterre dimanche dernier au Super Bowl n'est pas le pire moment de l'histoire du sport à Seattle.

Après tout, la ville a perdu une équipe de la NBA, quand les SuperSonics ont déménagé à Oklahoma City en 2008. Les Seahawks seront au moins de retour la saison prochaine.

Mais la colère, le deuil et la confusion ressentis par plusieurs partisans des Seahawks ne commencent que légèrement à diminuer, même quelques jours après la partie. Plusieurs croient que la décision de tenter une passe à partir de la ligne d'une verge — à la place de simplement remettre le ballon au demi-offensif Marshawn Lynch — hantera à jamais les partisans des Seahawks comme d'autres grandes bévues dans l'histoire du sport.

«Même quand j'aurai 90 ans, je vais encore penser à ce match, a déclaré Norb Caoili, un détenteur de billets de saison depuis plusieurs années. L'histoire du sport est marquée de moments comme celui-là, quand des héros se lèvent et sauvent le match ou quand une équipe s'effondre dans les grands moments. Ça fera toujours partie de l'histoire de Seattle et c'est ce qui fait mal.»

Pour Caoili, c'est la manière dont les Seahawks ont perdu qui rend la défaite si difficile à accepter. Quelques instants plus tôt, l'équipe semblait sur le point de signer une victoire miraculeuse, après que le receveur Jermaine Kearse eut réussi un des attrapés les plus étranges et spectaculaires de l'histoire du football malgré une excellente couverture du demi de coin des Patriots Malcolm Butler. Il s'agissait d'un cadeau des dieux du football, une «intervention divine» qui indiquait que les Seahawks allaient gagner, croit-il­.

La course suivante de Lynch jusqu'à la ligne d'une verge alors que les secondes s'écoulaient au cadran ne faisait que renforcer cette impression.

La décision de tenter une passe sur le jeu suivant ne devient donc pas seulement «la pire décision de l'histoire du football», comme le légendaire porteur de ballon Emmitt Smith l'a dit, mais aussi un affront aux dieux, un péché capital puni immédiatement avec l'interception de Butler qui a permis aux Patriots de gagner un quatrième titre sous l'ère Tom Brady-Bill Belichick.

Il s'agit d'un moment tragique dont on se souviendra aussi longtemps que la balle qui est passée entre les jambes de Bill Buckner en 1986 et qui a privé les Red Sox de Boston d'un titre de la Série mondiale ou du placement raté en 1991 qui a mené à la première de quatre défaites consécutives de Bills de Buffalo au Super Bowl.

«Pour notre santé mentale, je crois qu'une défaite de 43-8 aurait été plus facile à accepter, a dit Caoili en faisant référence au pointage par lequel les Seahawks ont défait les Broncos de Denver au Super Bowl la saison dernière. Il n'y a rien de pire que de penser avoir la victoire à porter de la main et de finalement tout perdre.»

Caoili et d'autres partisans ont déclaré que même si l'équipe demeure associée à cette défaite, une autre victoire au Super Bowl au cours des prochaines années pourrait aider à panser les plaies. Les Seahawks sont déjà les favoris pour remporter les grands honneurs la saison prochaine selon les preneurs au livre. À Renton, la ville de banlieue où sont installés les quartiers généraux des Seahawks, des partisans ont laissé des ballons et des affiches afin de remercier l'équipe pour une belle saison. «Nous croyons toujours en vous», pouvait-on lire sur une des affiches.

Kris Brannon, un partisan des SuperSonics bien connu de la région, a remis la défaite au Super Bowl en perspective.

«J'aimerais que les Sonics aient la chance de perdre un championnat», a-t-il philosophé.

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