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Le R-U autorise les chercheurs à utiliser trois ADN pour créer un bébé

03/02/2015 11:01 EST | Actualisé 05/04/2015 05:12 EDT

LONDRES - Le Royaume-Uni a adopté mardi une loi qui permet aux scientifiques d'utiliser le code génétique de trois personnes pour créer un embryon.

Cette technique pourrait empêcher certains enfants d'hériter de maladies potentiellement mortelles de leur mère.

Le Royaume-Uni pourrait donc devenir le premier pays de la planète à accepter une modification génétique des embryons.

La loi a été adoptée à 382 contre 128 à la Chambre des communes. La loi doit maintenant être approuvée par la Chambre des lords avant d'entrer en vigueur.

La technique controversée implique la modification d'un ovule ou d'un embryon avant son transfert vers l'utérus. La loi britannique interdit actuellement de telles modifications et les détracteurs de la mesure craignent qu'elle n'ouvre la porte aux «bébés sur mesure».

Des défauts de la mitochondrie peuvent engendrer des maladies comme la dystrophie musculaire; des problèmes cardiaques, rénaux ou hépatiques; ou une grave faiblesse musculaire.

La technologie est complètement différente de celle utilisée pour créer des aliments génétiquement modifiés, lorsque des scientifiques choisissent des gènes spécifiques à transférer d'un organisme vers un autre.

«C'est une étape audacieuse à franchir, mais c'est une étape bien réfléchie et éclairée», a déclaré la ministre de la Santé Jane Ellison.

Les détracteurs croient toutefois qu'on risque de franchir une étape scientifique fondamentale, puisque les changements apportés aux embryons seront transmis aux générations futures.

«On parle de protéger les enfants des graves problèmes de santé de ces techniques inutiles et de protéger la population des 'bébés sur mesure' qui vont suivre après ça», a dit David King, le directeur du centre laïc Human Genetics Alert.

Les techniques ne seraient probablement utilisées qu'une dizaine de fois par année, chez des Britanniques dont la mitochondrie est défectueuse. Les médecins peuvent régler le problème en enlevant le noyau d'ADN d'un ovule de la mère et en l'injectant dans l'ovule d'une autre femme, dont le noyau a lui aussi été retiré.

L'embryon serait éventuellement constitué de l'ADN de ses parents mais aussi de l'ADN mitochondrial de la donneure. Les scientifiques affirment que cet ADN ne représenterait que moins de 1 pour cent des gènes de l'embryon.

Le premier ministre David Cameron s'est prononcé en faveur de la technique.

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