POLITIQUE

En visite à Paris, Denis Coderre annonce un sommet sur l'intégration et la sécurité

02/02/2015 11:29 EST | Actualisé 04/04/2015 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
French President Francois Hollande, left, welcomes Montreal Mayor Denis Coderre, right, at the Elysee Palace in Paris, Monday Feb. 2, 2015. Coderre arrived for a three-days visit in France. (AP Photo/Michel Euler)

PARIS - Denis Coderre invitera des maires du monde entier à venir discuter de «vivre ensemble» l'été prochain à Montréal, en écho aux attentats de Paris, Saint-Jean-sur-Richelieu et Ottawa.

Le maire l'a annoncé lundi à Paris, où il a été successivement reçu par le président François Hollande et la mairesse Anne Hidalgo.

«Le but de la conférence, ce sera de voir comment on peut trouver l'équilibre entre l'ouverture et la vigilance, parler tant de l'un que de l'autre, a expliqué M. Coderre. Qu'est-ce qu'on peut faire ensemble pour couvrir tous les angles?»

Décidé à «ratisser large», le maire de Montréal compte profiter de la Conférence de Montréal sur l'économie en juin pour réunir ses collègues de tous les continents, notamment ceux de Bruxelles, Berlin, Los Angeles, Barcelone, Chicago ou encore Boston, une ville traumatisée par l'attentat du marathon.

Mme Hidalgo a d'ores et déjà accepté l'invitation: «Nos villes sont des villes refuges, inclusives, très créatives, dans lesquelles la sécurité doit être assurée. La sécurité est non négociable, mais nous devons aussi faire en sorte que des villes cosmopolites comme les nôtres puissent continuer à faire vivre cette diversité sans confrontation. Nous marchons sur ces deux pieds», a dit la mairesse de Paris.

«On ne veut pas créer d'amalgame, ni stigmatiser des communautés. On est dans le trait d'union. On est généreux mais pas naïf! Il y a des réalités. Le terrorisme est l'oeuvre d'individus. En termes de prévention, de réglementation, de protection, est-ce qu'on peut s'assurer qu'on se donne une stratégie commune?», a ajouté Denis Coderre.

L'idée sera d'abord d'échanger des «bonnes pratiques», comme cette «conférence du partage» qu'organise Anne Hidalgo prochainement pour encourager les autorités religieuses et les mouvements laïcs à «mettre les bons mots sur ce qui se passe».

Mais il s'agit aussi de «trouver des outils pour combattre, protéger nos citoyens, empêcher les choses qui pourraient arriver», comme l'avait dit un peu plus tôt le maire de Montréal dans la cour de l'Élysée.

Denis Coderre et Anne Hidalgo reconnaissent à ce propos la nécessité d'accroître leur coopération en matière de sécurité. Questionné à ce sujet, M. Coderre a évoqué l'idée de doter Montréal d'un «groupe antiterroriste», comme celui qui existe à New York.

Accueilli comme un premier ministre

Pour sa deuxième visite à Paris en moins d'un an, Denis Coderre a été accueilli comme un chef de gouvernement plus que comme un simple maire. La chose était d'autant plus frappante que le président Hollande n'a toujours pas rencontré le premier ministre Couillard, dont l'absence à la grande marche du 11 janvier a été critiquée. Le président est sorti sur le perron du Palais de l'Élysée pour accueillir le maire de Montréal, puis l'a raccompagné, après leur entretien d'une demi-heure. Ces deux moments ont été marqués par une cordiale accolade.

De la même manière, Anne Hidalgo est venue accueillir son «ami» Denis Coderre (ils se tutoient) à sa descente de voiture dans la cour de l'hôtel de ville de Paris, malgré le froid. À plusieurs reprises (comme le président Hollande, a-t-on indiqué), elle l'a remercié pour la «solidarité exprimée par la ville de Montréal» après la tuerie de Charlie Hebdo et du supermarché casher.

Le «vivre ensemble» n'aura pas été le seul objet de cette visite. Denis Coderre est notamment venu parler d'électrification des transports. Dès son arrivée, il a vu Jean Todt, le puissant patron de la Fédération internationale de l'automobile, pour parler du Grand prix de FE, la «formule électrique».

Mardi, après avoir déposé une gerbe au supermarché casher de la porte de Vincennes, il revoit l'industriel et magnat des communications Vincent Bolloré, qu'il avait déjà rencontré au printemps, pour reparler d'Autolib, le service public d'auto-partage de voitures électriques en libre-service de la région parisienne.

Il ne s'agit pas «d'amener Autolib à Montréal, mais bien le concept d'électrification», a-t-il précisé. «Le modèle de monsieur Bolloré peut être intéressant. Montréal n'est pas la pour faire du commerce mais pour créer l'environnement propice.»