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Ukraine: les résidents fuient Debaltsevo alors que les combats font rage

31/01/2015 11:44 EST | Actualisé 02/04/2015 05:12 EDT

DEBALTSEVO, Ukraine - Réunis à l'hôtel de ville samedi, transportant avec eux un maximum de possessions, les résidents de Debaltsevo attendaient d'être évacués de la ville de l'est ukrainien, écoutant impassiblement les tirs qui faisaient rage à l'extérieur.

La ville contrôlée par l'armée ukrainienne n'a plus d'électricité, d'eau et de gaz depuis au moins 10 jours. Beaucoup de gens ont déjà fui la ville prise d'assaut par un duel entre l'armée et les séparatistes prorusses.

Un mois plutôt calme a pris fin, début janvier, lorsque les séparatistes ont tenté de s'emparer de territoires supplémentaires dans l'est du pays. Les chefs rebelles disaient soupçonner le gouvernement de mobiliser ses forces en prévision d'une offensive imminente.

Une brève tentative de pourparlers de paix a eu lieu à Minsk, au Bélarus, vendredi, mais les représentants rebelles ont quitté après peu de temps, disant que les représentants de Kiev ne s'étaient pas présentés.

Au cours d'une conversation téléphonique, le président russe, Vladimir Poutine, le président français, François Hollande, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont tous exprimé leur espoir que les négociations se concentrent sur un cessez-le-feu et le retrait des armes lourdes des quartiers résidentiels, a affirmé le Kremlin.

En fin de soirée, samedi, les représentants des rebelles, de la Russie, de l'Ukraine et de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) en Europe réunis à Minsk, ont quitté le complexe gouvernemental après des heures de discussions à huis clos.

Cité par l'agence de nouvelles Interfax, le délégué de l'Ukraine, Leonid Kuchma, a affirmé que les discussions avaient déraillé après que les rebelles ont «refusé de discuter des étapes pour en arriver à un cessez-le-feu complet et au retrait de l'artillerie lourde».

Le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, a indiqué samedi que plus de 1000 résidents avaient été évacués de Debaltsevo depuis les trois derniers jours. Mais ce nombre pourrait être conservateur, tel que le révèlent les nombreuses voitures remplies sortant de la ville depuis quelques jours.

«Six autobus transportent les réfugiés et ils sont constamment visés par des tirs, a dit M. Iatseniouk, cité par son service de presse. Dès que (les rebelles) voient que nous évacuons des gens, ils ouvrent le feu.»

Le premier ministre a demandé au ministre de la Défense d'assurer la sécurité des évacuations et a ajouté qu'aucun réfugié n'avait été blessé.

Les policiers ne peuvent même pas se rendre sur les lieux détruits à cause des tirs incessants, a affirmé le chef de police pour la région de Donetsk. La police et les bénévoles se promènent «sous les coups de feu» pour évacuer les familles, a ajouté Viacheslav Abroskine.

Selon le chef policier, 12 personnes sont mortes à Debaltsevo dans les bombardements, mais il n'a pas précisé depuis sur quelle période de temps.

Les combats se sont déplacés vers Debaltsevo cette semaine, lorsque les séparatistes ont traversé les lignes gouvernementales pour occuper une partie de la ville de Vouhlehirsk.

Attaqués jeudi par des rebelles formidablement armés, les soldats ukrainiens, dépassés par l'offensive, ont dû battre en retraite, certains même à pied.

Le conflit en Ukraine a fait 5100 morts et déplacé plus de 900 000 personnes dans le pays depuis avril. Samedi, le ministre de la Défense a annoncé que 15 soldats étaient morts et que 30 avaient été blessés dans les combats des derniers jours.

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