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Le groupe EI affirme avoir décapité l'otage japonais Kenji Goto

31/01/2015 03:32 EST | Actualisé 31/01/2015 07:57 EST
Anadolu Agency via Getty Images
ALEPPO, SYRIA - JANUARY 20: In this file photo, dated as October 24, 2014, Japanese journalist Kenji Goto Jogo, captured by Islamic State of Iraq and Levant (ISIL) and one of two Japanese hostages, is seen in Aleppo, Syria. (Photo by Ahmed Muhammed Ali/Anadolu Agency/Getty Images)

Le groupe Etat islamique (EI) a affirmé samedi avoir exécuté un otage japonais enlevé en Syrie, le second en une semaine, un acte qualifié d'"ignoble" par Tokyo et fermement condamné par Washington, Paris et Londres.

Le Japon a juré dimanche qu'il ne céderait pas face au terrorisme, après la diffusion d'une vidéo attribuée à l'EI annonçant la décapitation d'un second otage japonais.

Une vidéo indiquant que le journaliste Kenji Goto, enlevé l'automne dernier en Syrie, a été exécuté "a été diffusée sur internet, nous en sommes outrés et condamnons (cet acte) avec la plus grande fermeté", a déclaré le porte-parole du gouvernement nippon, Yoshihide Suga, lors d'un bref point de presse.

L'EI avait déjà annoncé il y a une semaine avoir tué un premier otage japonais, Haruna Yukawa, capturé en août en Syrie, avant que Kenji Goto n'aille à sa recherche et ne soit enlevé à son tour fin octobre ou début novembre.

"C'est un acte de terrorisme ignoble contre lequel je suis très en colère", a renchéri le Premier ministre Shinzo Abe, visiblement ému.

"Nous ne pardonnerons jamais aux terroristes", a-t-il poursuivi. "Le Japon est fermement résolu à prendre ses responsabilités en lien avec la communauté internationale pour combattre le terrorisme" et pour que ceux qui en sont responsables "soient traduits en justice".

M. Abe n'a rien dit des vérifications en cours sur la vidéo. Toutefois, il a réagi comme si l'enregistrement était authentique en adressant ses regrets aux proches de l'otage et en déplorant que tous les efforts du gouvernement n'aient pas permis de le sauver.

"Je n'ai pas de mots pour dire la peine que la famille doit ressentir, le gouvernement a fait le maximum pour gérer cette crise, c'est très regrettable (qu'on en arrive à cette issue)", a reconnu le Premier ministre.

Similitudes avec de précédentes vidéos

Né en 1967 et père de deux jeunes enfants, Kenji Goto était un journaliste indépendant qui a créé en 1996 à Tokyo une société de production, Independent Press, pour fournir des reportages sur le Moyen-Orient aux chaînes de télévision japonaises.

Dans la nouvelle vidéo diffusée samedi sur Twitter, on voit M. Goto en tenue orange à genoux et debout à côté de lui un homme masqué tout de noir vêtu, avec un couteau à la main. La dernière image présente un corps sans vie.

Selon le centre de surveillance des sites islamistes SITE, le bourreau à l'accent britannique est le même qui était présent sur les précédentes vidéos de décapitation d'otages occidentaux par l'EI.

Cet homme affirme que l'exécution de M. Goto punit la "participation irresponsable" du Japon à la guerre de la coalition internationale contre les jihadistes.

Les réactions n'ont pas tardé: le président américain Barack Obama a condamné un "meurtre odieux".

Son homologue français François Hollande a lui aussi fait part de son indignation, soulignant que la France était "solidaire du Japon dans cette nouvelle épreuve".

Le Premier ministre britannique David Cameron a qualifié pour sa part cet acte de "méprisable" et "effroyable". "C'est un rappel de plus que l'EI est l'incarnation du mal, sans égard pour la vie humaine", a-t-il jugé.

Outre les deux japonais, l'EI a revendiqué depuis la mi-août l'exécution de cinq otages occidentaux: les deux journalistes américains, James Foley et Steven Sotloff, ainsi qu'un troisième américain, l'humanitaire Peter Kassig, deux humanitaires britanniques, David Haines et Alan Henning, tous enlevés en Syrie.

Pas de mention du pilote jordanien

La nouvelle vidéo ne fait aucune mention du pilote jordanien Maaz al-Kassasbeh qui était aussi menacé de mort par l'EI.

Les jihadistes avaient fixé un ultimatum qui expirait jeudi soir, menaçant de le tuer si la Jordanie ne relâchait pas une Irakienne condamnée à mort dans le royaume, en échange de Kenji Goto.

Amman s'était dit prêt à libérer la jihadiste Sajida al-Rishawi, mais exigeait une preuve de vie de son pilote capturé en décembre après le crash de son F-16 en Syrie, où il menait un raid sur des positions de l'EI dans le cadre de la coalition internationale.

Samedi matin, le vice-ministre japonais des Affaires étrangères, Yasuhide Nakayama, dépêché à Amman, avait jugé "dans l'impasse" les discussions en vue de la libération de l'otage japonais.

L'EI, dont les actes suscitent une vague d'indignation internationale, est monté en puissance à la faveur de la guerre en Syrie et contrôle de vastes pans de territoire dans ce pays et en Irak voisin.

Accusé de crimes contre l'Humanité, le groupe est la cible de frappes de la coalition dirigée par les Etats-Unis, à laquelle participe la Jordanie. Le Japon affirme sans cesse sa détermination à combattre "le terrorisme" même s'il ne peut agir militairement.

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