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Le recensement américain pourrait ajouter une catégorie pour les Arabes

30/01/2015 09:11 EST | Actualisé 01/04/2015 05:12 EDT

DÉTROIT - Les États-Unis pourraient ajouter une catégorie pour ses citoyens originaires du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord dans le recensement décennal, ce qui permettrait aux groupes qui les représentent d'accroître leur poids politique et, surtout, les fonds publics qui leur sont alloués.

Le Bureau du recensement des États-Unis mettra à l'épreuve cette nouvelle case pour déterminer s'il l'inclura dans le prochain sondage à grande échelle de 2020.

Les Arabo-Américains, qui forment la grande majorité des ressortissants du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, sont comptabilisés par défaut comme des «Blancs». Le recensement sert notamment à redécouper les comtés électoraux et à distribuer les subventions du gouvernement fédéral.

Selon ses défenseurs, cette nouvelle classification permettrait d'augmenter la visibilité de ces Américains et, par conséquent, de leur permettre une plus grande influence sur ses législateurs.

Plus tard cette année, le Bureau tiendra des groupes de discussion avec, entre autres, des gens touchés par cette nouvelle mesure. Le Congrès devra tout de même donner son accord avant que le changement puisse entrer en vigueur au questionnaire de 2020.

Hassan Jaber, directeur d'un organisme communautaire de Detroit, qui est aussi dans un comité consultatif du Bureau du recensement, est conscient que les défis sont importants.

«Nous devons repenser complètement à qui nous sommes en tant que population et à nos besoins profonds. Mais plusieurs revendications des Arabes ne sont pas reconnues et on ne s'y attarde pas», a-t-il affirmé.

Le groupe de M. Jaber ACCESS et plusieurs autres qui desservent les Américains originaires du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord réclament une telle catégorie depuis longtemps. Elle permettrait d'ailleurs aussi aux Kurdes de s'identifier ainsi.

M. Jaber croit toutefois que le projet pourrait être bloqué par le Congrès contrôlé par les républicains, réticents à accepter de nouvelles dépenses et à ajouter des questions au recensement, qu'ils jugent intrusif.

Certains Arabes se sont aussi montrés plutôt froids à l'idée de partager cette information aux États-Unis, à la suite des événements du 11 septembre 2001.

Depuis la fin du 19e siècle, les Arabes sont arrivés par vague aux États-Unis en raison des conflits dans leurs pays. Ils se sont établis particulièrement dans les villes de Detroit, New York et Los Angeles. Selon un sondage du Bureau en 2013, environ 1,5 million d'Américains étaient d'ascendance arabe entre 2006 et 2010.

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