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Le mystère persiste quant au projet de centre communautaire islamique

30/01/2015 02:43 EST | Actualisé 01/04/2015 05:12 EDT

QUÉBEC - Le mystère persiste à propos du sort d'un projet de centre communautaire islamique où un imam controversé pourrait prêcher à Montréal.

On ne savait toujours pas vendredi si la Ville accordera ou non le certificat d'occupation nécessaire, même si le premier ministre Philippe Couillard se réjouissait déjà de l'existence de cet ultime rempart contre l'imam Hamza Chaoui, dont les propos ont été jugés homophobes et sexistes.

Selon une source de l'hôtel de ville de Montréal, ce certificat n'a toujours pas été accordé par l'arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve et est encore à l'étude. Un autre permis a été accordé au propriétaire du bâtiment pour faire des rénovations, mais cela n'a aucun rapport avec la vocation future de l'immeuble, qui relève du certificat d'occupation, selon ce que cette source a tenu à préciser.

Le maire Denis Coderre devrait d'ailleurs faire le point sur la situation samedi matin au cours d'une conférence de presse.

Pourtant, de son côté, le premier ministre Couillard pavoisait déjà vendredi après-midi en déclarant que l'arrondissement n'allait pas délivrer le certificat.

«Finalement le permis ne sera pas donné, donc cet enjeu concret s'est dissipé, heureusement», a-t-il dit en conférence de presse, à Ottawa. À ses yeux, c'est la preuve qu'il existe des barrières et limites fonctionnelles pour les dérives de l'intégrisme.

«Voilà où la limite se situe. Toute liberté dans une société doit être encadrée par des limites. (...) Dans le cas de la pratique rigoureuse de la religion, la limite, c'est le respect de nos lois, de nos valeurs, notamment l'égalité entre les hommes et les femmes, la sécurité de la population d'abord et avant tout et c'est pour cette raison qu'une société de droit doit établir des limites.»

Plus tôt en journée, sa ministre de l'Immigration, Kathleen Weil, avait dû battre en retraite. Après avoir dit jeudi qu'elle souhaitait faire taire l'imam, la ministre a répété vendredi que les propos de Hamza Chaoui sont «totalement inacceptables», tout en étant incapable d'élaborer sur les moyens à la disposition du gouvernement pour le museler.

Jeudi, elle avait demandé à la Ville de ne pas émettre le certificat d'occupation au centre communautaire islamique.

La ministre a fait attendre la presse parlementaire un bon moment vendredi, avant de se présenter pour ce qui ne devait être qu'une déclaration sans répondre à des questions. Finalement, au cours d'un bref échange, elle a indiqué que l'État examine ses options, sans expliquer plus amplement ses propos.

«L'État a à sa disposition la prévention, la détection, j'irais jusqu'à dire la répression dans des cas qui pourraient nous inquiéter», a-t-elle déclaré. Aux journalistes qui lui demandaient avec insistance si au fond les autorités ne disposent d'aucun moyen juridique pour faire taire l'imam actuellement, elle a répondu que l'État a «beaucoup de mesures» à sa disposition.

À son avis, il faut bien comprendre les enjeux et examiner la question, et il y a beaucoup d'acteurs au gouvernement pour l'examiner, a-t-elle assuré, mais les réponses viendront plus tard. «On pourra vous donner ces réponses en temps et lieu», a-t-elle dit, tout en admettant qu'elle était à court d'explications.

«Ce n'est pas parce que je ne vous donne pas de réponse concrète sur ce qui se fait que les choses ne se font pas», a-t-elle dit.

En outre, la ministre a précisé que la Ville est en train d'examiner le dossier, et la Ville n'a pas demandé l'assistance du gouvernement du Québec.

Selon ce que rapporte le quotidien La Presse, Hamza Chaoui professe une version rigoriste de l'islam. Il considère notamment que l'islam et la démocratie sont «complètement» incompatibles puisque la démocratie permet l'élection «d'un mécréant ou bien d'un homosexuel ou d'un athée qui affirme l'inexistence d'Allah».

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