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Gab Roy écope 18 mois de prison pour leurre et contact sexuel avec mineure

30/01/2015 10:34 EST | Actualisé 01/04/2015 05:12 EDT

MONTRÉAL - L'ex-blogueur Gab Roy a été condamné à 18 mois de prison, vendredi, et a pris le chemin des cellules après avoir admis sa culpabilité à des accusations de leurre et de contact sexuel avec une mineure de moins de 16 ans.

La juge Sylvie Durand a ainsi entériné la suggestion commune de la défense et de la Couronne dans ce dossier où la peine est assortie d'une inscription permanente au registre des délinquants sexuels et de deux ans de probation à sa sortie de prison, entre autres.

«Ce n'est pas une sentence clémente, on s'entend. C'est une bonne sentence qui, je l'espère, sera dissuasive pour toute personne qui serait tentée d'avoir des rapports sexuels avec des mineurs», a indiqué la procureure de la Couronne, Me Roxane Laporte, à la sortie du tribunal.

La victime, une adolescente alors âgée de 15 ans, était entrée en contact avec Gab Roy en 2010 par le biais de son site Web.

Les échanges s'étaient transportés sur une plateforme plus privée où Gab Roy avait invité la jeune à se déshabiller et à se masturber à la caméra. Par la suite, ils s'étaient donné rendez-vous et il avait emmené la victime dans un motel de Mascouche où ils avaient eu des relations sexuelles complètes.

«Au moment des événements, il est à noter que la victime était très vulnérable. Elle était dans un état perturbé. Il est clair que M. Roy a abusé de sa popularité, de son statut, de son expérience pour parvenir à ses fins avec la victime», a précisé Me Laporte.

La procureure a lu devant le tribunal une lettre de la victime dans laquelle celle-ci rappelle son état de vulnérabilité.

«Je me suis sentie sale, utilisée et trahie», a écrit la jeune femme, ajoutant qu'elle subit toujours les conséquences des événements, qui ont été largement médiatisés et dont les détails, ainsi que son nom et son adresse, se sont retrouvés sur le Web.

«Elle a vu sa vie privée étalée malgré elle, contre son consentement, de façon publique, a fait valoir Me Laporte. Elle a eu à revivre les événements à plusieurs reprises. Elle a eu des messages qui l'ont injuriée sur les pages Web.»

La procureure a précisé que ces conséquences affectent sa vie personnelle.

«Elle a toujours de nombreux problèmes sexuels aujourd'hui, à faire confiance aux hommes, aux différents hommes de sa vie», a-t-elle dit.

La Couronne a cependant précisé que, bien que Gab Roy ait abusé de la confiance de l'adolescente, il n'avait jamais fait usage de force ou de menace.

L'avocate de Gab Roy, Me Diane Chartier, a pour sa part fait valoir devant la Cour que son client était passé «du statut de vedette à pas grand-chose» et que «sa descente aux enfers a été brutale». Elle a ajouté que les dommages collatéraux sur sa conjointe et ses deux filles étaient très importants.

«Pour lui, pour sa famille, c'est une catastrophe; pour ses enfants, c'est leur père et c'est un bon père. Tout le monde concède (qu'il a commis) un geste très grave. Lui-même le concède. Mais il a peine à se trouver un travail, à trouver des ressources communautaires et quand il va sortir (de prison), ce ne sera pas la fin de ses problèmes», a plaidé Me Chartier.

La juge Durand, tout comme les parties, a prêté foi aux remords exprimés par l'accusé et elle a aussi reconnu que les conséquences familiales, personnelles et professionnelles de l'affaire étaient lourdes pour lui.

Dans un autre dossier, Gab Roy a conclu le mois dernier un règlement à l'amiable avec la comédienne Mariloup Wolfe qui le poursuivait pour la publication sur le Web d'un texte très désobligeant à son endroit, en octobre 2013.

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