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Attentats en Égypte: les Frères musulmans mis en cause par le président Al-Sissi

30/01/2015 06:55 EST | Actualisé 01/04/2015 05:12 EDT

EL-ARICH, Égypte - Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a accusé les Frères musulmans d'avoir perpétré les attentats dans la péninsule du Sinaï qui ont causé la mort de 31 personnes, jeudi soir.

Avant de quitter l'Éthiopie pour revenir dans son pays, le président a expliqué que l'Égypte «payait le prix» pour avoir rejeté la confrérie islamiste, qui a d'ailleurs fermement nié son implication dans les attaques.

Il a en outre souligné que son pays était en lutte contre une organisation «clandestine» armée, qui élabore des plans dans l'ombre.

Le président a dû écourter son voyage pour revenir de toute urgence au Caire, vendredi.

Les Frères musulmans, liés au président islamiste déchu Mohammed Morsi, sont dans la liste des «organisations terroristes» de l'Égypte. Le président Al-Sissi leur fait la vie dure depuis le départ forcé de M. Morsi, en juillet 2013. L'ancien militaire a ordonné l'arrestation de milliers de partisans de la confrérie et des centaines d'entre eux sont morts dans les manifestations contre le gouvernement.

Les attaques de jeudi ont été commises simultanément contre plusieurs postes de l'armée et de la police dans la péninsule du Sinaï.

Dans une base militaire d'El-Arish, la capitale de la province du Nord-Sinaï, trois kamikazes ont fait exploser leur véhicule. Au même moment, plusieurs tirs de mortiers ont touché notamment des postes de contrôle de l'armée et de la police et un hôtel pour les militaires.

Le bilan des morts s'élève à 31, dont deux civils. Au moins 60 personnes ont été blessées, dont quelques-unes sont dans un état grave, selon des sources médicales qui ont requis l'anonymat.

Le gouvernement a déclaré l'état d'urgence dans la région, imposant un couvre-feu aux citoyens. Des milliers de maisons seront démolies pour que les autorités supervisent les activités près de la frontière avec la bande de Gaza, afin d'empêcher l'échange d'armes par les tunnels clandestins.

Une organisation terroriste égyptienne affiliée au groupe armé État islamique a revendiqué les attaques. Le groupe, connu auparavant sous le nom d'Ansar Beit al-Maqdis, a commis plusieurs attentats contre des postes de l'armée et de la police au cours des dernières années. À l'origine, les extrémistes étaient liés à Al-Qaïda, mais l'année dernière, ils ont prêté allégeance au groupe État islamique, qui contrôle désormais le tiers des territoires irakien et syrien.

Dans un communiqué publié vendredi, le ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird, a condamné l'attaque, assurant à l'Égypte que le Canada était à ses côté dans la lutte contre le terrorisme.

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