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Les heures des otages du groupe armé État islamique sont comptées

29/01/2015 07:36 EST | Actualisé 31/03/2015 05:12 EDT

TOKYO - La Jordanie a demandé jeudi au groupe armé État islamique de prouver que le pilote qu'il prétend détenir est toujours vivant, même si les djihadistes menacent de l'exécuter sous peu si une terroriste incarcérée en Jordanie n'est pas libérée.

Un message audio attribué aux djihadistes et mis en ligne tard mercredi exigeait la libération de Sajida al-Rishawi avant la tombée du jour jeudi (soit environ 9 h 30, heure de Montréal), faute de quoi le lieutenant Muath al-Kaseabseh serait exécuté.

Le message de langue anglaise était apparemment lu par l'otage japonais Kenji Goto.

Le sort du pilote demeure pour l'instant incertain, tout comme celui de M. Goto.

Les djihadistes exigeaint que al-Rishawi soit amenée à la frontière avec la Turquie. Les autorités jordaniennes ont toutefois indiqué jeudi qu'elle se trouve toujours sur leur territoire.

Les djihadistes offrent d'échanger la femme, qui a été condamnée à mort pour sa participation à un attentat qui a fait 60 morts en Jordanie en 2005, contre M. Goto. On ne sait pas quel sort sera réservé au journaliste japonais si l'échange n'a pas lieu.

Le gouvernement jordanien avait annoncé mercredi être prêt à relâcher al-Rishawi, mais en retour du pilote capturé en décembre.

La libération d'al-Rishawi irait directement à l'encontre de l'approche de la Jordanie — et de son principal allié, les États-Unis — de ne jamais négocier avec les extrémistes. L'échange créerait aussi un précédent de négociation avec les militants du groupe État islamique, qui n'ont jamais précédemment demandé la libération d'un prisonnier.

Le gouvernement jordanien est toutefois confronté à des pressions domestiques énormes pour rapatrier le pilote, puisque plusieurs Jordaniens sont en désaccord avec sa participation à la coalition américaine contre le groupe État islamique.

La Jordanie discuterait indirectement avec les djihadistes par l'intermédiaire de leaders religieux et tribaux.

Le porte-parole du gouvernement jordanien, Mohammed al-Momani, a déclaré jeudi que le groupe État islamique n'a toujours pas prouvé que le lieutenant al-Kaseabseh est toujours vivant, ce qui freine un échange éventuel.

«Nous voulons une preuve que le pilote jordanien est toujours vivant et nous pourrons ensuite discuter de l'échange entre Sajida al-Rishawi et le pilote jordanien», a-t-il dit.

Un porte-parole du gouvernement japonais, Yoshihide Suga, a déclaré jeudi que le gouvernement est en communication étroite avec les autorités jordaniennes. Il a assuré que Tokyo fait tout en son pouvoir pour libérer M. Goto, notamment en collaborant avec des puissances régionales comme la Jordanie, la Turquie et Israël.

Les djihadistes réclamaient tout d'abord une rançon de 200 millions $ US pour la libération de M. Goto et d'un autre otage japonais, Haruna Yakawa. Ce dernier aurait depuis été exécuté.

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