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Les CRÉ vont renaître dans une forme ou une autre, selon leurs représentants

29/01/2015 06:05 EST | Actualisé 31/03/2015 05:12 EDT

QUÉBEC - Québec a beau avoir signé leur arrêt de mort, les Conférences régionales des élus (CRÉ) vont renaître sous une forme ou sur une autre, affirment les dirigeants du réseau.

Dans un mémoire soumis à la commission des finances publiques, jeudi, les représentants des CRÉ ont plaidé en faveur du maintien d'un organisme supralocal voué au développement régional.

À ce jour, 14 régions ont manifesté leur intérêt à maintenir une instance de concertation régionale, ont fait valoir le président de la CRÉ de l'Abitibi-Témiscamingue, Jean-Maurice Matte, la présidente de la CRÉ de l'Outaouais, Paulette Lalande, et le premier vice-président de la CRÉ de Montréal, Richard Deschamps.

Avec le projet de loi 28, le gouvernement libéral veut confier aux Municipalités régionales de comté (MRC) les rênes du développement économique et du soutien à l'entrepreneuriat régional. Quant aux CRÉ, ils seront abolis progressivement à compter du 31 décembre et leurs pouvoirs transférés aux MRC.

Les représentants du réseau s'interrogent sur la cohérence du discours du gouvernement qui insiste sur la nécessité d'alléger les structures alors que le nombre d'interlocuteurs régionaux, après la suppression des CRÉ, passera de 21 à 101.

Cet éparpillement entraînera de «l'inefficacité, de l'isolement, des risques de redondance et de dédoublement», souligne le mémoire du groupe.

De même, il en coûtera 20 millions $ pour fermer les CRÉ, une perte sèche compte tenu de la volonté de la majorité des régions de maintenir une instance régionale de concertation, ont fait remarquer MM. Matte et Deschamps et Mme Lalande.

Les représentants des CRÉ demandent au gouvernement Couillard de faire preuve de plus de «souplesse» et d'offrir aux régions qui le souhaitent une alternative à la «fermeture simple et brutale» des CRÉ.

En point de presse après avoir exposé ses arguments au ministre des Finances, Carlos Leitao, M. Matte s'est montré plutôt optimiste pour la suite des choses.

«On espère avoir créé une ouverture», a-t-il dit.

«Le gouvernement va s'apercevoir lui-même qu'il fait fausse route parce que sa machine administrative ne suivra pas. Lorsque le ministère de la Culture veut poser un geste dans une région comme la Côte-Nord, il travaille avec un intervenant qui s'appelle la Conférence régionale des élus. C'est plus facile que lorsqu'il va avoir à interpeller quatre, cinq ou six MRC. Et cela s'applique à tous les ministères», a-t-il illustré.

Les représentants des CRÉ espèrent maintenant rencontrer le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, pour lui faire part de leurs attentes.

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