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Juliette Greco, icône de la chanson française, va faire ses adieux à la scène

29/01/2015 04:55 EST | Actualisé 29/01/2015 04:56 EST
ASSOCIATED PRESS
French actress and singer Juliette Greco performs on the Casino hall stage during the 39th Montreux Jazz Festival in Montreux, Switzerland, late Sunday, July 10, 2005. The festival will last until July 16. (P Photo/Keystone, Laurent Gillieron) ** SWITZERLAND OUT **

Juliette Greco, icône de la chanson française et muse de l'existentialisme et du Saint-Germain-des Prés d'après-guerre, a annoncé jeudi qu'elle quitterait la scène après une dernière tournée en avril.

"C'est très dur, c'est très compliqué pour moi, c'est très douloureux: il faut savoir partir joliment", a confié l'interprète de "Déshabillez-moi", une de ses plus célèbres chansons.

"Je vais avoir 88 ans dans dix jours, je ne voudrais pas donner le spectacle d'une vieille femme qui s'accroche, je ne voudrais pas avoir honte, aller trop loin", a-t-elle ajouté.

A la fin des années 1940, le romancier Raymond Queneau et le philosophe Jean-Paul Sartre signent les premiers succès de Juliette Greco : Si tu t'imagines... et La Rue des Blancs-Manteaux.

Elle chantera aussi Robert Desnos, Jacques Prévert, Bertolt Brecht, Boris Vian, ou Françoise Sagan.

Après avoir chanté dans plusieurs cabarets mythiques de Paris, c'est la consécration à l'Olympia en 1954 puis à New York. Juliette Greco devient alors un symbole de la chanson française à travers le monde.

Aux Etats-Unis, son compagnon, le producteur américain Darryl Zanuck, la fait jouer dans Bonjour tristesse, d'Otto Preminger (1958), Les Racines du ciel, de John Huston (1958), Drame dans un miroir, de Richard Fleischer (1960).

Revenue à Paris, elle se consacre à la chanson. Déshabillez-moi, un de ses plus grands succès, est enregistré en 1968.

La chanteuse de la Rive gauche était apparue sur les planches dès 1945 dans "Victor ou les enfants du pouvoir" et au cinéma, en 1949, dans Orphée, de Jean Cocteau.

Née le 7 février 1927, elle est élevée très jeune par ses grands-parents, après la séparation de ses parents.

Dans son autobiographie Jujube, son surnom d'enfance, elle raconte comment, après l'arrestation de sa mère, résistante, elle est incarcérée une dizaine de jours en 1943 avec sa soeur aînée. Sa mère et sa soeur seront déportées à Ravensbrück mais en réchapperont.

Ce drame en fera une femme libre et engagée qui, en 1981, lors d'un spectacle au Chili devant des notables du régime d'Augusto Pinochet, n'interprètera que des chansons interdites. Elle sera reconduite à l'aéroport manu militari à l'issue du concert.

Ces dernières années, Juliette Greco a enregistré des disques avec les nouvelles générations d'auteurs dont Miossec, Benjamin Biolay, Olivia Ruiz ou Abd Al Malik.

Après une longue liaison avec le trompettiste de jazz Miles Davis, la "Jolie môme" a épousé les comédiens, Philippe Lemaire (en 1953), père de sa fille Laurence-Marie, puis Michel Piccoli (en 1966), dont elle divorcera en 1977. En 1988, elle s'est remariée avec l'ancien pianiste de Jacques Brel, Gérard Jouannest.

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