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Human Rights Watch condamne le groupe État islamique, l'Irak et la Syrie

29/01/2015 12:54 EST | Actualisé 31/03/2015 05:12 EDT

BEYROUTH - Le groupe Human Rights Watch a sévèrement dénoncé jeudi les atrocités commises par les djihadistes du groupe armé État islamique, tout en condamnant les gouvernements syrien et irakien pour des politiques «sectaires et abusives» qui, selon lui, alimentent l'extrémisme.

Ces critiques sont contenues dans le rapport annuel de 656 pages que l'organisation new-yorkaise a dévoilé jeudi à Beyrouth, au Liban, et qui porte sur la situation des droits de la personne dans plus de 90 pays.

HRW affirme notamment que le règne de terreur de l'État islamique découle du moins en partie de la guerre américaine contre le terrorisme et de l'occupation militaire de l'Irak, et des mauvais traitements infligés aux détenus de centres gérés par les États-Unis, comme la prison irakienne d'Abou Ghraib.

Le document ajoute que les atteintes aux droits de la personne en Égypte, en Irak et en Syrie ont aussi radicalisé les musulmans, facilitant le recrutement des groupes extrémistes qui se présentent comme les défenseurs des sunnites de la région.

Le directeur exécutif de HRW, Kenneth Roth, a expliqué à l'Associated Press que certains sunnites continueront à préférer la brutalité du groupe État islamique tant que l'Irak continuera à utiliser des milices chiites et que le régime syrien de Bachar el-Assad continuera à bombarder les secteurs rebelles.

«Tant que les milices chiites ciblent les sunnites parce qu'ils sont sunnites, la population sunnite se sent plus en sécurité avec (le groupe État islamique) que sous la gouverne de Bagdad, et c'est catastrophique pour tout effort pour contrer les atrocités du groupe, a-t-il dit. Nous espérons que la communauté internationale s'intéressera non seulement aux atrocités (du groupe État islamique), mais aussi à celles d'Assad.»

Le financement de groupes extrémistes par les États du golfe Persique et leurs citoyens a aussi servi à alimenter l'extrémisme à travers la région, a dit HRW.

«Rarement un groupe armé a-t-il engendré autant d'opposition et de révulsion, peut-on lire dans le rapport de l'organisation. Et pourtant, (le groupe État islamique) n'est pas apparu dans le vide. (...) Si les conditions qui ont mené à la naissance (du groupe) persistent, (il) pourrait accentuer son emprise sur (l'Irak et la Syrie) et se propager vers le Liban, la Jordanie, la Libye et ailleurs.»

HRW craint que la campagne internationale contre le groupe État islamique n'engendre des effets secondaires indésirés si des efforts ne sont pas aussi mis en place pour freiner les exactions du régime Assad.

«Cette attention sélective permet aux recruteurs (du groupe État islamique) de se présenter comme la seule force capable de résister aux atrocités d'Assad», peut-on lire dans le rapport.

HRW s'inquiète également de la situation en Égypte et affirme que le pays est aux prises avec la crise des droits de la personne «la plus grave de l'histoire moderne du pays». L'organisation prétend que le président Abdel-Fattah el-Sissi a effacé plusieurs des libertés gagnées depuis la chute du régime Moubarak en 2011.

HRW déplore que la sécurité nationale soit évoquée pour étouffer toute dissidence et que des suspects soient envoyés en détention pendant plusieurs mois sur la base de preuves minimes, voire inexistantes­.

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