NOUVELLES

Guichet de bitcoins: un permis serait bientôt exigé par l'AMF

29/01/2015 06:59 EST | Actualisé 29/01/2015 07:02 EST
Bloomberg via Getty Images
Customer Kiyono Yuichi purchases bitcoins from the BMEX bitcoin exchange's Robocoin-branded automated teller machine (ATM) at The Pink Cow restaurant and bar in Tokyo, Japan, on Wednesday, June 18, 2014. Bitcoin, proposed by an anonymous programmer or programmers in 2008, has drawn entrepreneurs and retailers looking to popularize it as a low-cost alternative to established payment systems, supplanting credit cards to international wire transfers. Photographer: Yuriko Nakao/Bloomberg via Getty Images

Face à la multiplication des guichets automatiques de bitcoins au Québec, l'Autorité des marchés financiers (AMF) envisage dans les prochains mois d'exiger un permis de la part des personnes qui les exploitent, a appris Radio-Canada.

Un texte de Bahador Zabihiyan

Le permis en question sera similaire à celui que l'AMF exige déjà des compagnies qui exploitent des guichets automatiques qui distribuent des billets de banque.

L'AMF, qui est à peaufiner sa nouvelle réglementation, s'appuierait notamment sur un règlement qu'elle a mis en place il y a deux ans afin d'éviter que les entreprises qui gèrent des guichets automatiques bancaires classiques ne se livrent à du blanchiment d'argent.

À l'époque, l'AMF voulait éloigner le crime organisé du secteur. L'attribution du permis passe par une enquête de police.

Les guichets bitcoins se multiplient au Québec

Les guichets permettant d'acheter des bitcoins se multiplient au Québec. En février 2014, l'Ambassade Bitcoin située sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal inaugurait le premier guichet québécois. Il y en a désormais 18 dans la province, selon les chiffres compilés par le site spécialisé www.coinatmradar.com.

« Montréal est devenue l'une des capitales mondiales du guichet bitcoins [...] N'importe qui, techniquement, peut faire son propre guichet bitcoins lui-même » — Francis Pouliot, directeur des affaires publiques de l'Ambassade Bitcoin

Cette monnaie virtuelle peut être utilisée pour payer des achats en ligne ou dans certains commerces à l'aide d'un téléphone multifonctions. La transaction s'effectue de gré à gré, sans passer par un intermédiaire bancaire, ce qui peut limiter les frais pour les utilisateurs. Ses défenseurs affirment aussi qu'elle permet une meilleure protection de la vie privée, comparativement aux cartes de crédit.

Cliquez ici pour voir ce graphique d'un appareil mobile


L'Ambassade Bitcoin, qui regroupe des entrepreneurs adeptes de la monnaie virtuelle, compte aujourd'hui deux guichets dans ses locaux. Certains se trouvent dans des lieux dont la vocation principale n'a rien à voir avec l'économie du bitcoin. Une pharmacie de Rosemont, un restaurant italien de Brossard, une pâtisserie de Terrebonne ou un centre d'arts martiaux mixtes de Montréal figurent parmi les lieux où l'on retrouve un guichet de bitcoins.

Avec 58 machines, le Canada est le pays avec le plus grand nombre de guichets bitcoins, après les États-Unis, qui en comptent une centaine, selon www.coinatmradar.com

Cliquez ici pour voir ce graphique d'un appareil mobile


L'Ambassade Bitcoin n'est pas surprise

L'avocate Jillian Friedman, qui conseille notamment l'Ambassade Bitcoin, n'est pas surprise des plans de l'AMF. Elle estime que la demande de permis va simplifier la vie des entrepreneurs, mais aussi assainir le secteur.

« Ça va séparer les gens sérieux et les entreprises qui ont une infrastructure pour exploiter une entreprise légitime, des autres gens, qui vont disparaitre, car ils ne peuvent pas continuer d'opérer », dit Mme Friedman.

D'autres moyens de se procurer des bitcoins

Si les guichets demeurent un moyen simple d'obtenir des bitcoins, il existe d'autres façons de s'en procurer. Sur des sites spécialisés, on retrouve de nombreuses annonces de personnes de la grande région de Montréal qui proposent de vendre des bitcoins en échange d'argent comptant. D'autres proposent de fournir des cartes prépayées dont le solde est en bitcoins.

L'AMF ne prévoit pas pour l'instant de réglementer les revendeurs individuels de bitcoins ou de cartes prépayées.

Cependant, le ministère fédéral des Finances travaille à la mise en place d'un meilleur encadrement des bitcoins.

Cliquez ici pour voir ce graphique d'un appareil mobile


Qu'est-ce qu'un bitcoin?

  • Créée en 2009 pour contrer la dépendance aux banques, la devise est entièrement régulée par la demande. À la différence d'une monnaie gérée par une banque centrale, où la planche à billets permet de réinjecter des milliards et des milliards sur le marché, le nombre de bitcoins ne devrait jamais dépasser 21 millions d'unités.
  • Comment créer un bitcoin? Les utilisateurs de bitcoins peuvent équiper leurs ordinateurs afin de procéder à du « minage », un procédé complexe et long qui permet de créer des bitcoins.
  • Combien vaut un bitcoin? Lors de sa création en 2009, un bitcoin valait alors 5 ¢ l'unité. En février 2014, il valait environ 1100. Il se négocie maintenant à plus de 328 l'unité. Sa volatilité a amené Ottawa et Québec à avertir ceux qui voudraient en acheter.

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter