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Gorbatchev craint un conflit armé entre Moscou et Washington

29/01/2015 06:28 EST | Actualisé 29/01/2015 06:29 EST
Target Presse Agentur Gmbh via Getty Images
BERLIN, GERMANY - NOVEMBER 08: Former soviet leader Mikhail Gorbatchev walks across the Pariser Platz near the Brandenburg Gate on the eve of the 25th anniversary of the fall of the Berlin Wall on November 8, 2014 in Berlin, Germany. Gorbatchev's liberalization of the political climate within the Cold War-era eastern Bloc allowed for mass demonstrations and ultimately the overthrow of communist dictatorships across the region. Germany will celebrate the 25th anniversary of the fall of the berlin wall on November 9 with a 15 km light installation that runs along the course of the former Berlin Wall that once divided Berlin into communist East and capitalist Wst. (Photo by Target Presse Agentur Gmbh/Getty Images)

Le dernier dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev a accusé jeudi les Etats-Unis d'avoir entraîné la Russie dans une "nouvelle Guerre froide" qui pourrait dégénérer en "conflit armé" avant une réunion de l'UE sur une extension des sanctions contre la Russie pour son rôle dans la crise ukrainienne.

La guerre des mots entre Russes et Occidentaux est à son comble et chaque jour apporte son lot de nouvelles accusations ou récriminations. Alors que les combats continuent dans l'est de l'Ukraine où au moins six civils ont péri dans des bombardements dans la région de Donetsk, Russes, Ukrainiens et parfois Européens ont pris en otage l'Histoire à des fins politiques.

Dernier exemple en date: la Douma russe réfléchit à une résolution condamnant l'"annexion" de la RDA par la RFA après la chute en 1989 du mur de Berlin. Ce retour de l'Histoire intervenait déjà après une polémique entre la Russie et la Pologne sur l'ouverture des portes du camp d'extermination nazi d'Auschwitz le 27 janvier 1945.

Cette escalade verbale, et les nouvelles sanctions de Washington contre Moscou qui se profilent, ont conduit le dernier dirigeant soviétique à prendre la parole pour accuser les Etats-Unis de conduire le monde à la guerre.

"On n'entend que parler de sanctions de l'Amérique et de l'Union européenne contre la Russie. Ont-ils perdu la tête ?", a déclaré Mikhaïl Gorbatchev cité par l'agence Interfax. Washington "nous entraîne dans une nouvelle Guerre froide", a fustigé l'ancien dirigeant de 83 ans.

"Et ensuite? Je ne suis pas en mesure de déclarer avec assurance qu'elle ne vas pas tourner en véritable guerre", a-t-il conclu.

La déclaration du prix Nobel de la paix intervient alors que les ministres des Affaires étrangères de l'UE doivent se réunir à Bruxelles jeudi pour envisager de nouvelles sanctions contre la Russie, une annonce dont se sont toutefois distanciées la Grèce et Chypre alors que le consensus est requis.

Selon des sources diplomatiques, Bruxelles s'oriente vers une extension de sa liste noire de personnes sanctionnées pour leur implication dans le conflit mais n'irait pas jusqu'à alourdir les sanctions économiques contre la Russie.

Au cours d'une discussion téléphonique avec le président ukrainien Petro Porochenko, le vice-président des Etats-Unis Joe Bidden a pour sa part affirmé mercredi soir que le prix à payer "continuera d'augmenter" pour Moscou "tant que la Russie ne cessera pas ses atteintes flagrantes à ses obligations".

Le Kremlin est accusé par les Ukrainiens et les Occidentaux d'aider militairement les séparatistes pro-russes et d'avoir déployé ses troupes régulières dans l'est du pays.

La Russie, dont les relations avec l'Occident connaissent une crise d'une gravité sans précédent depuis la chute de l'Union soviétique, nie pour sa part toute implication directe dans ce conflit, qui a fait plus de 5.000 morts en neuf mois.

Les Occidentaux ont durci le ton contre Moscou depuis le regain des violences, particulièrement après les bombardements de la ville ukrainienne de Marioupol, qui ont tué 31 civils.

Echange de prisonniers

Sur le terrain, des bombardements ont tué trois civils dans la nuit de mercredi à jeudi à Donetsk, le fief des rebelles pro-russes, selon l'administration séparatiste de la ville. Et trois civils ont également péri à Debaltseve, toujours dans la région de Donetsk, selon les autorités ukrainiennes.

L'armée ukrainienne n'a pas fait état de nouvelles pertes, mais a indiqué que des duels d'artillerie intense se poursuivaient dans les régions de Donetsk et de Lougansk, notamment autour de la poche de Debaltseve, noeud ferroviaire stratégique quasiment encerclé par les rebelles séparatistes.

L'armée ukrainienne et les autorités de la République populaire autoproclamée de Donetsk (DNR) ont par ailleurs procédé à un premier échange de prisonniers depuis la prise de l'aéroport de Donetsk, a constaté une journaliste de l'AFP présente sur place.

Alexandre Mikhailtchouk, un soldat ukrainien grièvement blessé à la tête lors de ces combats, a été échangé contre un soldat rebelle également blessé.

"Tenez le coup et rentrez vivants. J'espère que ça va aller. Vive l'Ukraine!", a-t-il dit en s'adressant à ses camarades encore prisonniers.

"Nous nous préparons à récupérer un grand groupe d'hommes. Et nous allons tout faire pour récupérer ceux qui sont encore là-bas", a déclaré Iouri Tandit, un négociateur des services de sécurité ukrainiens.

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