NOUVELLES

Otages: la Jordanie est prête à transiger avec le groupe État islamique

28/01/2015 07:27 EST | Actualisé 30/03/2015 05:12 EDT

AMMAN, Jordanie - La Jordanie a annoncé mercredi qu'elle est prête à libérer une terroriste condamnée à mort en échange d'un pilote jordanien capturé en décembre par le groupe armé État islamique.

Le communiqué publié par un porte-parole du gouvernement jordanien, Mohammed al-Momani, ne fait toutefois aucune mention du journaliste japonais Kenji Goto, qui est lui aussi retenu en otage par les mêmes djihadistes.

Un tel échange irait directement à l'encontre de l'approche de la Jordanie — et de son principal allié, les États-Unis — de ne jamais négocier avec les extrémistes. L'échange créerait aussi un précédent de négociation avec les militants du groupe État islamique, qui n'ont jamais précédemment demandé la libération d'un prisonnier.

Le gouvernement jordanien est toutefois confronté à des pressions domestiques énormes pour rapatrier le pilote, puisque plusieurs Jordaniens sont en désaccord avec sa participation à la coalition américaine contre le groupe État islamique.

Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Mohammed al-Momani, a plus tard annoncé sur Twitter que son gouvernement a demandé la preuve que le pilote est toujours vivant, mais sans réponse pour l'instant.

Les efforts pour obtenir la libération des deux hommes se sont accélérés depuis la mise en ligne, mardi, d'une vidéo attribuée au groupe État islamique et qui menace d'exécuter les otages au cours des prochaines heures, si l'Irakienne détenue en Jordanie n'est pas libérée.

M. al-Momani a déclaré mercredi que «la Jordanie est prête à relâcher la prisonnière irakienne, Sajida al-Rishawi, si le pilote jordanien, le lieutenant Muath al-Kaseasbeh, est libéré sain et sauf». Ses commentaires ont été repris par Petra, l'agence de presse jordanienne officielle.

Al-Rishawi a été condamnée à mort pour sa participation à une attaque d'Al-Qaïda contre des hôtels d'Amman, qui avait fait 60 morts en 2005.

La Jordanie négocie possiblement indirectement avec les djihadistes, par l'intermédiaire de leaders tribaux et religieux, pour obtenir la libération des otages.

Le président du comité des affaires étrangères du Parlement jordanien avait précédemment déclaré que ni la Jordanie, ni le Japon ne négocieraient directement avec le groupe État islamique, et qu'al-Rishawi ne serait pas libérée seulement pour sauver l'otage japonais.

Plus tôt mercredi, la mère de Kenji Goto avait publiquement imploré le premier ministre japonais Shinzo Abe de tout mettre en oeuvre pour sauver son fils. Junko Ishido dit s'être adressée aux médias quand M. Abe et le porte-parole du gouvernement japonais ont refusé de la rencontrer.

Les djihadistes auraient déjà exécuté leur deuxième otage japonais, Haruna Yukawa.

PLUS:pc