NOUVELLES

Le Groupe CGI voit un gain potentiel avec la crise du secteur pétrolier canadien

28/01/2015 08:28 EST | Actualisé 30/03/2015 05:12 EDT

MONTRÉAL - La société de services informatiques Groupe CGI voit dans la baisse des prix de l'énergie et la crise qu'elle a entraîné pour le secteur pétrolier canadien une occasion de décrocher de nouveaux contrats auprès de clients qui cherchent une façon de réduire leurs coûts.

«Les technologies de l'information favorisent le développement des entreprises qui connaissent une croissance rapide, mais elles favorisent aussi les entreprises qui doivent limiter leurs coûts pendant les périodes plus difficiles», a observé le chef de la direction de CGI, Michael Roach, lors d'un entretien.

Certains des plus grands clients de CGI sont des sociétés pétrolières internationales, et le secteur pétrolier représente environ sept pour cent de son chiffre d'affaires annuel d'environ 10 milliards $.

Selon M. Roach, une externalisation complète des services de technologies de l'information peut permettre à une société d'économiser de 20 à 30 pour cent.

«Nous pourrions nous attendre à ce que la croissance dans ce secteur soit un peu plus saine que celles de certains autres secteurs», a-t-il précisé à la suite de l'assemblée annuelle des actionnaires de CGI.

La société montréalaise (TSX:GIB.A) s'est retrouvée dans une situation semblable il y a plusieurs années, lorsque les États-Unis faisaient face à plusieurs difficultés d'ordre fiscal. Comme elle l'avait fait à l'époque, CGI proposera divers forfaits de solutions et produits lorsqu'elle approchera des clients potentiels dans le secteur du pétrole et du gaz naturel.

Entre-temps, M. Roach a estimé que la faiblesse du dollar canadien — qui a culbuté avec le prix du pétrole — donnerait un coup de pouce à la compétitivité de CGI sur le marché mondial des services de technologies de l'information et rendrait les activités canadiennes plus attrayantes aux yeux des clients américains.

Armée d'une importante réserve de liquidités et d'un accès au marché du crédit, CGI est à la recherche d'acquisitions qui pourraient l'aider à doubler sa taille dans les cinq à sept prochaines années, a précisé M. Roach. La société garde l'oeil ouvert de façon plus particulière aux États-Unis, en Allemagne et au Royaume-Uni.

Plus tôt dans la journée, CGI a indiqué que les flux de trésorerie de ses activités ont atteint 339,2 millions $ pour le premier trimestre clos à la fin décembre, un montant plus de cinq fois plus élevé qu'à la même période un an plus tôt. Par ailleurs, la dette nette de l'entreprise se chiffrait à 1,9 milliard $ à la fin du plus récent trimestre, en baisse de 965,9 millions $ par rapport à la même date l'année précédente.

Le bénéfice net pour le premier trimestre de l'exercice 2015 a progressé de 24,5 pour cent à 236,3 millions $. Le profit par action s'est établi à 74 cents, ce qui était inférieur aux attentes des analystes, qui visaient plutôt un profit par action de 75 cents. Au premier trimestre de l'exercice précédent, CGI avait engrangé un bénéfice de 189,8 millions $, soit 60 cents par action.

Les revenus de CGI ont diminué de 100 millions $ par rapport au premier trimestre de l'année précédente, pour s'établir à 2,54 milliards $. Aux États-Unis, le chiffre d'affaires a cédé 12 pour cent, tandis qu'il a retraité de neuf pour cent au Canada. Cependant, en excluant le travail supplémentaire réalisé pour le programme fédéral de couverture médicale «Obamacare» aux États-Unis, ainsi que celui d'autres projets semblables dans certains États, le chiffre d'affaires aux États-Unis est resté stable, a noté M. Roach.

Les résultats ont fait grimper l'action de CGI à un sommet historique de 50,65 $ en cours de séance, mercredi, à la Bourse de Toronto. Le titre a finalement clôturé à 48,41 $, en hausse de 1,49 $, soit 3,2 pour cent.

Les actionnaires se sont réjouis des plus récents résultats de l'entreprise, mais certains ont profité de l'assemblée annuelle pour demander si le rôle de CGI dans les problèmes connus par Obamacare ne nuisaient pas à sa capacité de remporter de nouveaux contrats gouvernementaux aux États-Unis. Le fondateur de l'entreprise, Serge Godin, s'est dit étonné de constater que le questionnement à cet égard persistait et a estimé qu'il s'agissait davantage d'un problème de relations publiques que d'un problème pour obtenir des contrats.

PLUS:pc