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La dépouille de Litvinenko était dangereusement radioactive lors de l'autopsie

28/01/2015 12:44 EST | Actualisé 30/03/2015 05:12 EDT

LONDRES - La dépouille de l'ancien agent russe Alexander Litvinenko était si radioactive que son autopsie compte parmi «les plus dangereuses» jamais réalisées et l'isotope qui l'a tué est si rare qu'il n'aurait jamais été découvert par les tests habituels, a indiqué mercredi pathologiste.

Nathaniel Cary, qui a réalisé l'autopsie, a déclaré à une commission qui se penche sur la mort de M. Litvinenko que sa dépouille était si dangereuse qu'elle a été laissée de côté pendant deux jours après sa mort dans un hôpital de Londres, le 23 novembre 2006. On a éventuellement déterminé que M. Litvinenko avait été empoisonné au polonium-210, une substance radioactive.

M. Cary a ajouté que l'autopsie réalisée par des experts vêtus de combinaisons de protection compte «parmi les plus dangereuses jamais pratiquées en Occident».

M. Litvinenko, un ancien agent du KGB devenu un détracteur en règle du Kremlin, a été pris de violents malaises le 1er novembre 2006, après avoir pris le thé avec deux Russes dans un hôtel de Londres. Il a été hospitalisé pendant trois semaines avant de mourir.

Sur son lit de mort, M. Litvinenko a accusé le président russe Vladimir Poutine d'avoir ordonné son assassinat, et le Royaume-Uni a lui aussi évoqué une participation de l'État russe.

M. Cary a indiqué ne connaître aucun autre cas d'empoisonnement au polonium où que ce soit dans le monde, et que la présence de l'isotope n'aurait jamais été décelée par les tests toxicologiques habituels. La cause du décès serait probablement demeurée inexpliquée, a-t-il ajouté, si un médecin n'avait pas ordonné une analyse d'urine peu avant le décès de M. Litvinenko.

Ben Emmerson, l'avocat de Marina Litvinenko, la veuve de la victime, a dit que le rareté du polonium en fait un outil parfait pour assassiner quelqu'un.

Le détective policier Craig Mascall a déclaré à la commission que l'enquête se poursuit et que les hommes qui ont rencontré M. Litvinenko — Dimitri Kovtun et Andreï Lugovoï — sont toujours recherchés pour meurtre.

Les deux suspects nient toute implication et la Russie refuse de les extrader. Le juge qui préside la commission les a invités à témoigner par vidéo, mais il ne dispose d'aucun pouvoir de contrainte.

M. Lugovoï, un ancien agent du KGB aujourd'hui devenu parlementaire, estime que cette enquêtre vise à camoufler la responsabilité de l'agence britannique de renseignement MI6. La famille de M, Litvinenko affirme qu'il travaillait pour MI6 au moment de son décès,

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