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Terrorisme: l'Union européenne suggère d'éviter la prison quand c'est possible

27/01/2015 08:01 EST | Actualisé 29/03/2015 05:12 EDT

PARIS - Le chef de la lutte antiterrorisme de l'Union européenne a demandé mardi aux pays de chercher à rééduquer, et non à punir, les djihadistes qui rentrent chez eux sans avoir commis de crime, en prévenant que les prisons sont devenue des «incubateurs de radicalisation».

Le coordonateur de l'Union européenne pour la lutte contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, a déclaré lors d'une entrevue accordée à l'Associated Press que «s'il est possible d'éviter la prison, alors évitons la prison».

Au moment où l'Europe est encore secouée par les attentats terroristes meurtriers de Paris, plusieurs réclament l'adoption de punitions sévères pour tous ceux qui se sont rendus combattre en Irak et en Syrie.

Et même si les criminels endurcis qui rentrent doivent être envoyés derrière les barreaux, «Je ne conseille pas qu'ils soient tous traduits en justice, car ce serait une erreur», a prévenu M. de Kerchove.

Les forces de l'ordre françaises ont arrêté des dizaines de personnes depuis les attentats du 7 au 9 janvier. Plusieurs d'entre elles ont rapidement été condamnées à plusieurs années de prison pour avoir appuyé le terrorisme.

«Nous savons à quel point les prisons sont des incubateurs importants du terrorisme. Il serait encore mieux, s'ils (les djihadistes) sont d'accord, d'entreprendre une grande rééducation», a dit M. de Kerchove.

La France a été prise de court quand un membre d'un réseau djihadiste s'est associé à son frère et à un complice rencontré en prison pour attaquer les locaux de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et une épicerie casher de Paris.

«Ces gens ont été radicalisés en prison», a constaté M. de Kerchove.

Le Danemark a annoncé mardi qu'il consacrera 9 millions $ US au cours des trois prochaines années pour financer des programmes de déradicalisation à l'intention des islamistes, dont certains qui ont combattu en Irak et en Syrie. L'argent servira aussi à tenter d'empêcher les jeunes de rejoindre les rangs des djihadistes.

Par ailleurs, la police française a arrêté cinq personnes mardi et démantelé un réseau de recrutement djihadiste dans une petite ville du sud du pays qui a déjà envoyé plusieurs jeunes combattre en Irak et en Syrie.

Au moins six jeunes issus de la ville de Lunel, qui compte moins de 30 000 habitants, ont été tués dans ces deux pays au cours des derniers mois.

Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve s'est réjoui du démantèlement de ce réseau et a réitéré la «mobilisation totale» du pays face au terrorisme.

Le gouvernement français estime que 3000 de ses citoyens entretiennent des liens avec les combattants en Irak et en Syrie. De nombreux Français lutteraient aussi aux côtés des djihadistes du groupe armé État islamique et de son rival d'Al-Qaïda, le Front Nousra.

M. Cazeneuve a révélé que 161 enquêtes visant 547 personnes impliquées dans des réseaux terroristes sont actives. De ce nombre, 154 personnes ont été arrêtées et 90 font l'objet d'accusations préliminaires, a-t-il dit.

En Belgique, trois hommes possiblement liés à des réseaux terroristes ont été épinglés. Un responsable a indiqué que les dirigeants de la ville de Kortijk, dans l'ouest du pays, fouillent les antécédents des trois individus. On ne sait pas si les arrestations de mardi sont liées à la perquisition qui, plus tôt ce mois-ci, a mené à la mort de deux terroristes présumés et à l'arrestation de sept autres personnes.

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