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Le NPD revient à la charge avec sa promesse de baisser les impôts des PME

27/01/2015 12:40 EST | Actualisé 29/03/2015 05:12 EDT

OTTAWA - Le Nouveau Parti démocratique (NPD) courtise les petites et moyennes entreprises (PME) en s'engageant — comme il l'avait fait en 2011 — à faire passer progressivement de 11 à 9 pour cent leur taux d'imposition s'il est porté au pouvoir.

«Nos petites et moyennes entreprises sont celles qui créent le plus d'emplois au Canada et il est grand temps que nous les aidions à offrir des emplois», a plaidé le chef néo-démocrate Thomas Mulcair dans un discours devant le Club économique du Canada, mardi à Ottawa.

Il a présenté les PME comme de véritables moteurs d'une économie prospère et diversifiée «capable d'encaisser les chocs provoqués par une chute des prix du pétrole» à l'image de celle avec laquelle le pays doit composer à l'heure actuelle.

Leur taux d'imposition baisserait graduellement — de 11 à 10 pour cent lors du dépôt d'un premier budget néo-démocrate, puis à 9 pour cent au cours de la deuxième année d'un premier mandat.

Le NPD s'engage aussi à mettre en place un crédit d'impôt destiné au secteur manufacturier, a précisé le chef de l'opposition. Les industries de ce secteur pourront s'en servir pour investir dans la recherche et le développement ou encore afin de se procurer des équipements.

Enfin, M. Mulcair a ajouté qu'il comptait également prolonger pendant deux autres années la déduction pour amortissement accéléré, qui doit prendre fin cette année.

Le milieu des affaires voit évidemment d'un bon oeil le plan fiscal néo-démocrate.

«Pour nous, c'est une bonne proposition; c'est quelque chose que nous réclamons depuis quelques années auprès du gouvernement fédéral», a résumé en entrevue téléphonique Martine Hébert, vice-présidente principale de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante.

«On enjoint l'ensemble des partis politiques à emboîter le pas et à aller dans ce sens-là», a-t-elle poursuivi.

Les grandes entreprises auraient droit au traitement inverse sous un gouvernement néo-démocrate: elles devraient encaisser des hausses d'impôt.

Au NPD, on n'a pas encore voulu chiffrer la majoration envisagée de ce taux, qui est actuellement à 15 pour cent.

En 2011, avec Jack Layton à sa tête, le parti voulait le faire grimper jusqu'à 19,5 pour cent.

Le ministre d'État à la Petite Entreprise, Maxime Bernier, craint qu'une modulation des taux d'imposition en fonction de la taille des entreprises n'ait des effets pervers pour la croissance économique canadienne.

Le député beauceron redoute que cela n'encourage les PME à «demeurer petites» et soutient que «le plus important, c'est de baisser les taxes et les impôts de toutes les entreprises au Canada».

Car le système fiscal «doit inciter l'ensemble des entreprises à grandir, et donc de ne pas avoir des gagnants et des perdants», a-t-il lâché en mêlée de presse dans le foyer des Communes.

En levant le voile sur un nouvel engagement, le chef néo-démocrate est venu ajouter une autre pièce à sa plateforme en vue du prochain scrutin fédéral, qui doit se tenir le 19 octobre 2015.

Depuis le début de l'été, il a notamment promis de créer un réseau national de garderies, de hausser le salaire minimum à 15 $ pour les employés des secteurs sous juridiction fédérale et de rétablir à 6 pour cent l'indexation du transfert en santé aux provinces.

La classe moyenne dans la mire

Si M. Mulcair s'est présenté devant un parterre de gens d'affaires pour discuter de ces mesures fiscales, on aurait pu croire, à la teneur de son discours, qu'il se présentait devant une salle remplie d'électeurs — ceux de la classe moyenne, que s'arrachent les trois partis fédéraux.

Au cours de son allocution, il a en effet multiplié les références à cette frange de l'électorat.

«Ma famille a travaillé fort pour faire partie de la classe moyenne. C'est quelque chose qui devient de plus en plus difficile pour les familles canadiennes», a-t-il plaidé.

«Mais la réalité, en 2015, c'est que les familles de la classe moyenne travaillent toujours de plus en plus dur, mais leurs revenus continuent de reculer», a déploré M. Mulcair.

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