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Le chauffeur de taxi accusé d'avoir renversé son client en 2012 plaide non coupable

27/01/2015 12:02 EST | Actualisé 29/03/2015 05:12 EDT
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MONTRÉAL - Un chauffeur de taxi montréalais accusé d'avoir roulé volontairement sur son présumé agresseur, un incident qui a largement été diffusé sur YouTube, a plaidé non coupable, mardi, à l'ouverture de son procès.

Guercy Edmond est accusé de délit de fuite, de voies de fait graves, d'agression armée et de conduite dangereuse.

L'homme blessé par le taxi, un Français d'origine nommé Benoît Kapelli, s'est présenté la barre, mardi, comme le premier témoin de la poursuite relativement à l'incident survenu en avril 2012 dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

Expliquant sa mémoire défaillante par le choc subi lors de l'événement, M. Kapelli a dit avoir agi en légitime défense et en raison de la crainte d'être attaqué à la suite d'une dispute sur le prix de la course et à propos du compteur qui n'aurait pas été remis à zéro.

La dispute a dégénéré en confrontation physique entre MM. Edmond et Kapelli après que ce dernier eût voulu sortir du taxi et traité le chauffeur de voleur.

Dans une vidéo mise en preuve, on voit quelques personnes entourer le taxi d'Edmond et frapper la voiture des pieds et des mains — un des assaillants monte même sur le toit. À un certain moment, le chauffeur renverse une des personnes et roule sur son corps.

Le client a subi une perforation de la vessie, des fractures aux côtes et une coupure profonde au menton.

En contre-interrogatoire, M. Kapelli a nié avoir frappé le chauffeur à l'intérieur du taxi et a aussi dit ne pas avoir tenu de propos à caractère racial tel qu'il avait été largement rapporté au moment du crime allégué.

L'avocat de la défense, Yves Vaillancourt, a voulu brosser un portrait bien différent de l'événement: celui d'un passager en colère, M. Kapelli, ruant de nombreux coups la voiture de taxi et se précipitant à l'avant.

La Couronne allègue que les gestes du chauffeur ont été délibérés, mais l'avocat d'Edmond plaidera que l'accusé a eu peur et qu'il n'a pas vu la victime en voulant se tirer de ce mauvais pas.

Le procès, présidé par la juge Geneviève Graton, de la Cour du Québec, devrait durer quatre jours.

Avant d'entendre le témoignage, la juge a regardé des images de surveillance d'un magasin et la vidéo d'un passant ayant capté la scène.