DIVERTISSEMENT

Korine Côté: simplicité volontaire (ENTREVUE)

27/01/2015 11:08 EST | Actualisé 27/01/2015 11:16 EST
Gilbert Fortier

Qu’est-ce qui a amené Korine Côté en humour? «Hum… L’envie d’en faire!», lance spontanément la principale intéressée, non sans un soupçon d’hésitation dans la voix.

Toute en simplicité assumée, la brunette de 33 ans nous présente en première montréalaise, ces jours-ci, Mon show, son premier one woman show, une courtepointe d’anecdotes et d’observations traitant autant des émissions de cuisine que des bagels de Tim Hortons, des systèmes d’alarme de voitures et des Anges de la rénovation, n’ayant pas nécessairement de lien entre elles.

Pas vulgaire, mais néanmoins directe, Korine Côté se reconnaît une parenté avec Cathy Gauthier, et se considère plutôt «unisexe» dans ses propos, qu’elle décrit comme étant francs, imagés et sarcastiques. «En gros, je fais du stand up», résume-t-elle, sans trop de fioritures.

Parcours classique

La menue jeune femme gravit les échelons de l’humour d’ici depuis une dizaine d’années. Autrefois étalagiste, elle a rapidement senti qu’elle avait fait le tour de son métier lorsqu’elle a atteint la mi- vingtaine.

«Ce n’est pas payé très cher, et je voulais être capable de déménager de chez ma mère, explique Korine. Ma patronne, qui était extraordinaire, aurait bien voulu me donner un salaire plus élevé, mais elle ne pouvait pas. Et l’humour me tentait beaucoup. Je me suis donc dit que j’allais changer de job et, tant qu’à le faire, que j’allais essayer d’entrer à l’École nationale de l’humour. J’ai été acceptée en 2004. Puisque je suis une Y, j’en ai profité pour aller dans une autre branche!»

Le parcours classique a ensuite commencé pour elle: bars, spectacles corporatifs et bénéfices, capsules web, galas Juste pour rire. Elle a réalisé que son coffre commençait à a se remplir des outils de la parfaite humoriste lorsqu’elle a assuré l’animation de soirées comiques au Pub Saint-Ciboire, rue Saint-Denis, à Montréal.

«Ça a changé ma confiance, note-t-elle. D’être capable d’écrire un nouveau numéro à toutes les semaines, de me planter, d’apprendre à improviser sur scène, de me donner le droit à l’erreur, d’écrire des textes et de les tester le jour même, je me mettais en danger. Ce boulot a été très, très important, pour moi.»

Parallèlement, la jeune artiste se frayait lentement mais sûrement un chemin vers la reconnaissance populaire, avec des apparitions à Un gars le soir, Les 5 prochains, Cliptoman et, plus récemment, Les gars des vues, dont elle fait toujours partie de l’équipe, à Télé-Québec.

En 2012, le vent a tourné véritablement en sa faveur grâce à son numéro sur les Mac et autres produits d’Apple, inséré dans le gala de Mike Ward au Festival Juste pour rire. Korine y criait dans sa verve colorée son exaspération devant les «frais-chier» qui vénèrent leur ordinateur portable. Sa montée de lait a été payante, lui valant le prix de la Révélation Juste pour rire en 2012 et le trophée du Numéro de l’année au Gala les Olivier en 2013. Ce cri du cœur contre les dommages collatéraux de la technologie ne se trouve toutefois pas dans Mon show, dont Korine avait offert un aperçu convainquant au dernier Festival Juste pour rire, le temps de quelques représentations d’une heure, à la Salle Claude-Léveillée de la Place des Arts.

François Pérusse, une inspiration

Bon public et bonne joueuse lorsqu’on s’essaie à la faire rire, Korine Côté dit éprouver une admiration sans bornes pour François Pérusse.

«Il reste mon top, insiste-t-elle. J’adore ce qu’il fait depuis toujours. Il se renouvelle constamment. Il a une façon bien à lui d’entrer dans la tête des gens et de puncher en deux minutes. J’adore aussi Bruno Blanchet, les Denis Drolet me font rire et, du côté américain, je trouve Louis CK tellement bon!»

Korine Côté effectue sa rentrée montréalaise avec Mon show, mardi et mercredi, 27 et 28 janvier, au Théâtre Corona. On affiche complet pour ce soir, mais des billets sont encore disponibles pour demain. Korine partira ensuite en tournée et s’arrêtera notamment à l’Impérial de Québec les 9 et 10 février. Son calendrier de spectacles s’étire pour l’instant jusqu’en septembre.

La mise en scène de Mon show est signée Alexandre Barrette, et Korine a pondu les textes avec Gabriel Caron et François Boulianne.

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