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Énergie Est: 16 400 barils pourraient s'écouler quotidiennement sans être détectés

27/01/2015 07:04 EST | Actualisé 27/01/2015 07:04 EST
Bloomberg via Getty Images
Equipment sits near a section of pipeline during construction of the Gulf Coast Project pipeline in Atoka, Oklahoma, U.S., on Monday, March 11, 2013. The Gulf Coast Project, a 485-mile crude oil pipeline being constructed by TransCanada Corp., is part of the Keystone XL Pipeline Project and will run from Cushing, Oklahoma to Nederland, Texas. Photographer: Daniel Acker/Bloomberg via Getty Images

QUÉBEC - Une fuite mineure sur l'oléoduc Énergie Est pourrait laisser s'écouler l'équivalent de 16 400 barils par jour pendant deux semaines avant d'être détectée.

C'est ce que conclut un rapport indépendant commandé par la MRC D'Autray aux firmes JHarvey Consultant et Associés, et ÉCOGestion Solutions. Les conclusions de l'étude ont été présentées mardi soir aux citoyens de cette MRC située dans Lanaudière.

Les auteurs affirment qu'une fuite de 1,5% du débit pourrait ne pas être détectée avant l'inspection par avion effectuée toutes les deux semaines. Ainsi, 16 400 barils s'écouleraient quotidiennement jusqu'au passage des inspecteurs ou jusqu'à ce que la fuite soit observée par la population.

Le rapport tire ses conclusions des documents déposés par TransCanada à l'Office national de l'énergie. Toutefois, les auteurs affirment d'entrée de jeu que la documentation présentée par TransCanada est «incomplète» et «présente souvent des généralités». Ils ont donc complété leurs recherches en se basant sur des projets similaires et des rapports d'incidents américains.

Autre surprise, le temps de réponse en cas de déversement majeur sera deux fois plus long que le délai annoncé lors du dépôt du projet à l'ONÉ. Les dirigeants de TransCanada avaient alors évalué le temps de réaction à dix minutes. Un autre délai de 12 minutes sera toutefois nécessaire pour stopper le flot de pétrole.

Dans le cas d'une fuite majeure, soit 50% du débit, l'oléoduc laisserait s'écouler l'équivalent de 6 000 barils, affirme l'étude. De 10 000 à 50 000 barils supplémentaires pourraient s'ajouter en raison du drainage de l'oléoduc.

Et TransCanada se montre très optimiste en évaluant la probabilité d'un déversement à une fois tous les 58,8 ans, estime un des auteurs de l'étude, Jacques Harvey. Keystone, qui relie l'Alberta au Midwest américain (à ne pas confondre avec Keystone XL) a déjà connu 12 déversements, souligne-t-il. «C'est un plus grand nombre de déversements que tous les autres pipelines américains», dit-il. Le consultant rappelle que Keystone est le seul oléoduc opéré par TransCanada, qui gère normalement des gazoducs.

Puisque les risques de déversements sont particulièrement inquiétants dans les milieux humides, le rapport recommande à la MRC D'Autray d'exiger un système capable de détecter les fuites même sous le seuil de 1,5% dans les milieux humides. TransCanada devrait également installer des clapets antiretour dans les zones en pente pour éviter un drainage en cas de bris majeur.

Pour Greenpeace, si la MRC D'Autray a été obligée de commander cette étude, c'est en raison de l'inaction du gouvernement provincial. «C'est bien que la MRC ait fait une étude, mais ça ne peut pas se substituer à une véritable enquête du BAPE», souligne Patrick Bonin, porte-parole pour les questions d'énergie.

Si le gouvernement provincial ne commande pas une étude rapidement, il se retrouvera à la remorque du fédéral, ajoute-t-il. «Le BAPE va se retrouver avec des délais serrés et ce sera difficile d'aller au fond des choses.»

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