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Drainville parle de social-démocratie et annonce des mesures pour l'aide sociale

27/01/2015 03:36 EST | Actualisé 29/03/2015 05:12 EDT

QUÉBEC - Le «message de justice sociale» du candidat à la course à la direction du Parti québécois Bernard Drainville lui a valu, mardi, un nouvel appui d'un membre du caucus péquiste.

Carole Poirier, députée de Hochelaga-Maisonneuve, a vanté l'écoute de M. Drainville, avec qui elle a présenté quatre mesures favorisant les prestataires de l'aide sociale.

Lors d'un point de presse, Mme Poirier a affirmé qu'elle a décidé d'appuyer le candidat parce qu'il a accepté ces quatre propositions, qui visent notamment à empêcher que le montant d'une pension alimentaire réduise les prestations d'aide sociale.

«J'ai découvert en Bernard quelqu'un qui a l'écoute, quelqu'un qui a une sensibilité justement, peut-être pas d'apparence mais il est très, très sensible, a-t-elle dit. Ce message de justice sociale, ça ça m'accroche et quand je lui ai fait les propositions que l'on fait aujourd'hui, ça l'a enthousiasmé et c'est pour ça que j'ai décidé de me joindre à Bernard.»

M. Drainville, député de Marie-Victorin, a affirmé que l'appui de Mme Poirier était significatif.

«Son appui est très important parce que Carole c'est un peu la conscience sociale, la conscience humanitaire, au sein du PQ, en tout cas c'est une de nos consciences sociales les plus importantes, les plus actives, celles qui nous rappellent constamment qu'il ne faut laisser personne derrière, qu'il ne faut jamais oublier les plus fragiles, les plus vulnérables d'entre nous», a-t-il dit.

M. Drainville a reconnu que ses propositions annoncées mardi s'inscrivent dans la tradition social-démocrate du PQ, qu'il souhaite maintenir tout en tenant compte du développement économique et de l'environnement. Le candidat considère néanmoins son parti comme une coalition de souverainistes qui peuvent être de gauche ou de droite.

Avec ce nouvel appui de Mme Poirier, M. Drainville compte maintenant cinq membres du caucus dans ses rangs, contre trois pour le favori, Pierre Karl Péladeau, et un pour Alexandre Cloutier.

Mardi, Mme Poirier a affirmé que M. Péladeau n'a pas encore assez défini ses positions pour qu'elle puisse dire s'il est social-démocrate ou non.

«Pour ce qui est de M. Péladeau, est-il un social-démocrate? Moi j'attends d'entendre ses propositions. Jusqu'à ce moment ci on n'a pas entendu les propositions de M. Péladeau. Moi je souhaite que M. Péladeau ait des propositions social-démocrates qui vont s'inscrire justement dans l'historique du Parti québécois.»

Dans ses propositions pour améliorer la situation des prestataires de l'aide sociale, M. Drainville veut abolir les pénalités pour les mères qui reçoivent une pension alimentaire de leur ex-conjoint, une mesure qui a déjà fait l'objet de deux projets de loi péquistes lorsqu'ils étaient dans l'opposition.

Selon Mme Poirier, le temps a manqué au gouvernement minoritaire péquiste pour aller de l'avant concrètement, durant ses 18 mois au pouvoir.

«C'était toujours dans les cartons du gouvernement, cet engagement-là, mais on n'a pas eu le temps d'y aller», a-t-elle dit.

M. Drainville veut aussi éliminer les pénalités pour les couples qui vivent ensemble, qui subissent une diminution de 277 $ par mois dès qu'ils décident de cohabiter.

«Je trouve ça un peu inconcevable qu'on pénalise deux personnes qui décident de vivre ensemble parce qu'elles s'aiment, a-t-il dit. Il me semble que l'État n'a pas à pénaliser deux personnes qui sont en amour, qui décident de vivre ensemble et qui vont s'entraider et qui vont s'aider à s'en sortir justement.»

M. Drainville veut aussi permettre aux prestataires de conserver leur carnet de réclamation médicale lorsqu'ils font l'objet d'une réclamation pour des sommes versées en trop.

Constatant que ce sont souvent des erreurs de bonne foi dans 80 pour cent des cas, le candidat juge cette mesure excessive.

«De retirer son carnet de médicament à quelqu'un qui est malade, qui a besoin de médicaments, d'abord c'est présumer d'une certaine façon de la culpabilité et en même temps, c'est de créer des conditions pour que la personne soit encore plus malade, donc ça va finir par nous coûter plus cher comme système de santé», a-t-il dit.

Selon M. Drainville, ces mesures coûteront 130 millions $ et se financeront à même la baisse du nombre de prestataires, qui est passé de 787 159 en 1994 à 442 215 en 2014.

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