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Cérémonie commémorative pour le 70e anniversaire de la libération d'Auschwitz

27/01/2015 10:41 EST | Actualisé 29/03/2015 05:12 EDT

BRZEZINKA, Pologne - Devant quelque 300 survivants d'Auschwitz-Birkenau et des dirigeants mondiaux, le président du Congrès juif mondial a appelé le monde à la vigilance contre une montée de l'antisémitisme dans plusieurs pays.

Ronald Lauder a prononcé un discours à la cérémonie commémorant le 70e anniversaire de la libération du camp de la mort. Les participants s'étaient rassemblés sous une énorme tente qui recouvrait le portail et les rails de Birkenau, une section du vaste camp où les victimes étaient tuées dans des chambres à gaz.

Cette cérémonie était teintée d'une certaine tristesse, puisqu'il s'agit probablement du dernier anniversaire d'importance auquel les survivants seront assez en santé pour assister. On ressentait aussi une certaine nervosité et inquiétude, à un moment où l'antisémitisme et le radicalisme semblent en pleine poussée en Europe et au Moyen-Orient.

«Nous croyions que la haine des Juifs avait finalement été éradiquée. Mais la diabolisation des Juifs a recommencé. Il y a encore des garçons juifs qui ont peur de porter leur kippa en marchant dans les rues de Paris, de Budapest et Londres. Il y a encore des entreprises juives qui sont ciblées», a regretté M. Lauder, qui dit avoir été influencé par les récentes attaques à Paris, lorsque quatre juifs ont perdu la vie.

Un des survivants, Roman Kent, y est allé d'un plaidoyer rempli d'émotion, quand il a demandé aux leaders mondiaux de lutter contre les atrocités et pour la tolérance.

«Nous ne voulons pas que notre passé soit l'avenir de nos enfants», a-t-il lancé. Il a été applaudi et a refoulé ses larmes avant de répéter la phrase pour une deuxième fois.

Les querelles politiques ont toutefois fait planer une ombre sur la cérémonie. On a noté l'absence du président russe Vladimir Poutine, même si l'Armée rouge a libéré le camp, en raison d'un profond différend entre Moscou et l'Occident concernant la crise ukrainienne.

Le président français François Hollande était toutefois présent, lui dont le pays a récemment été le théâtre de deux attentats terroristes meurtriers lancés contre des Juifs et un hebdomadaire satirique.

Étaient également présents les présidents de l'Allemagne et de l'Autriche — deux pays qui expient leurs péchés depuis des décennies — et Petro Porochenko, le président de l'Ukraine, ce qui témoigne de l'appui indéfectible de la Pologne à l'Ukraine dans son conflit avec la Russie.

Le ministère polonais des Affaires étrangères affirme que M. Poutine aurait pu assister à la cérémonie s'il l'avait souhaité. La délégation russe était plutôt dirigée par le chef de cabinet de M. Poutine, Sergeï Ivanov.

Le président américain Barack Obama, qui est en Arabie saoudite pour offrir ses condoléances à la famille royale après la mort du roi Abdallah, a publié un communiqué pour rendre hommage aux victimes juives.

«Les récents attentats terroristes à Paris sont un douloureux rappel de notre devoir de condamner et de combattre l'antisémitisme sous toutes ses formes — incluant la banalisation de l'Holocauste et le négationnisme», a-t-il déclaré.

Le premier ministre israélien Benyamin Néthanyahou s'est quant à lui rendu au Mémorial Yad Vashem à Jérusalem.

«Mon travail en tant que premier ministre d'Israël est de s'assurer qu'il n'y aura plus de menaces de détruire l'État israélien. Mon travail est de s'assurer qu'il n'y aura plus de sites comme Yad Vashem», a-t-il souligné.

Les Allemands ont exécuté environ 1,1 million de personnes dans le camp, surtout des Juifs mais aussi des gitans, des homosexuels, des prisonniers politiques polonais et d'autres.

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