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WikiLeaks accuse Google de collusion avec les autorités américaines

26/01/2015 03:54 EST | Actualisé 26/01/2015 03:55 EST
AP

Le site internet WikiLeaks a accusé lundi Google d'avoir facilité le travail des autorités américaines pour accéder aux courriers électroniques de trois de ses journalistes, et de ne pas les avoir prévenus suffisamment tôt pour qu'ils puissent organiser leur défense.

Ces e-mails ont été transmis par Google à la demande d'un juge américain, affirme le site de Julian Assange, qui publie des copies de mandats, émis en 2012, ordonnant au géant de l'internet de "livrer" au gouvernement "tous les messages électroniques", brouillons y compris, des comptes Gmail des trois journalistes.

Ces trois personnes, Sarah Harrison, Joseph Farrell et Kristinn Hrafnsson, n'ont été prévenues par Google que le 23 décembre 2014 de l'existence de cette procédure, selon WikiLeaks.

Il est "consternant" que Google ne les ait pas avertis plus tôt, poursuit WikiLeaks dans un communiqué. Ce "défaut de notification a empêché les trois journalistes de protéger leurs intérêts, et notamment leur droit à la confidentialité".

D'autant, renchérit le site internet, que la légalité de cette procédure judiciaire est largement contestable.

"Nous avons des raisons de croire que ces mandats ont été pris en violation du Privacy Protection Act de 1980 (...) qui protège les journalistes et les éditeurs" des intrusions du pouvoir judiciaire, assurent les avocats de WikiLeaks dans une lettre adressée au département de la Justice américain.

"La manière dont les autorités américaines ont demandé à Google de fournir ces documents est inacceptable", a insisté à Genève l'ancien juge espagnol Baltasar Garzon, qui assure la défense de Julian Assange, lors d'une conférence de presse.

S'il s'avère que le géant de l'internet n'a rien fait pour s'y opposer, "nous explorerons tous les options disponibles contre Google et le gouvernement américain", a prévenu M. Garzon.

"Nous appliquons la loi comme toute autre entreprise", a réagi Google, sollicité par l'AFP. "Quand nous recevons une requête ou une décision de justice, nous l'examinons pour voir si elle respecte la lettre et l'esprit de la loi avant de nous y conformer".

"Et si ce n'est pas le cas, nous pouvons nous y opposer ou demander à ce que la demande soit restreinte. Nous avons prouvé par le passé que nous prenons la défense de nos utilisateurs très au sérieux", a ajouté le groupe californien, dont les liens avec les autorités américaines font l'objet d'un livre de M. Assange ("Quand Google rencontra WikiLeaks").

Selon WikiLeaks, les mandats qui ont permis la divulgation des courriers électroniques des trois journalistes "révèlent pour la première fois" l'ampleur du dossier d'accusation que le gouvernement américain tente de monter contre Julian Assange et les autres membres du site.

WikiLeaks souligne ainsi que les peines encourues pour les infractions citées dans les documents judiciaires sont passibles de "45 ans d'emprisonnement".

M. Assange vit depuis 2012 reclus à l'ambassade d'Equateur à Londres. Il est visé par un mandat d'arrêt émis à son encontre par des magistrats suédois dans une affaire d'agressions sexuelles.

Réfutant ces accusations, le cyber-militant australien dit craindre, s'il est extradé vers la Suède, d'être ensuite envoyé aux États-Unis pour y être jugé pour la diffusion par WikiLeaks de 250 000 télégrammes diplomatiques américains.

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