POLITIQUE

Les conservateurs présentent leurs priorités pour 2015 (VIDÉO)

26/01/2015 08:15 EST | Actualisé 26/01/2015 08:15 EST

Les travaux parlementaires reprennent après une pause de six semaines. Bien des choses ont changé pendant la relâche et cette nouvelle réalité pourrait influencer les débats aux Communes à l'aube des prochaines élections.

Le leader du gouvernement Peter Van Loan et le ministre de l'Infrastructure Denis Lebel se sont brièvement adressés aux médias lundi pour annoncer les priorités du gouvernement pour la nouvelle session parlementaire. Ils ont réitéré que le ministre des Finances Joe Oliver déposera un budget équilibré en avril, et ont écarté toute possibilité qu'il présente une mise à jour économique d'ici là. Outre la situation économique, MM. Van Loan et Lebel ont aussi fait savoir que le gouvernement se préoccupera de maintenir les impôts bas pour les familles, et d'assurer la sécurité des Canadiens, notamment en combattant le terrorisme djihadiste.

Les priorités du gouvernement conservateur en 2015

  • La sécurité financière et économique
  • La création et la protection des emplois
  • Le maintien des impôts bas pour les familles
  • La sécurité du Canada et des Canadiens

Les priorités pour les familles

  • Mettre en œuvre une baisse d'impôt pour les familles
  • Élargir la Prestation universelle pour la garde d'enfants
  • Augmenter les déductions applicables aux frais de garde d'enfants

Il y a l'économie. Le baril de pétrole est passé de 60 à 45 $. La turbulence a forcé le report du budget fédéral et une baisse du taux directeur de la Banque du Canada. Des dizaines de milliers d'emplois sont menacés au pays ou ont déjà été perdus. Pensons à la fermeture annoncée des magasins Target et aussi aux compressions dans le secteur énergétique.

Ce n'est pas tout. L'attentat contre Charlie Hebdo, à Paris, a créé une onde de choc dans le monde. En décembre, c'était une prise d'otages dans un café en Australie. Au pays, la GRC a récemment arrêté trois présumés terroristes à Ottawa et à Montréal. On a aussi appris que les forces spéciales canadiennes qui conseillent les troupes irakiennes ont dû riposter à des tirs de militants du groupe armé État islamique.

Vers les élections

La donne a changé. Et avec des élections à date fixe, on sait que les travaux des prochains mois seront les derniers avant la campagne électorale.

L'opposition a de nouveaux leviers, et les premières salves de 2015 ont déjà été lancées. Le chef de l'opposition officielle, Thomas Mulcair, répète à qui veut l'entendre que Stephen Harper commence sa 10e année au pouvoir.

« Sa soi-disant force en économie n'est qu'une chimère », lance-t-il. Le chef libéral Justin Trudeau n'est pas en reste : il accuse le gouvernement d'improviser après avoir tout misé sur l'industrie pétrolière.

Les conservateurs maintiennent qu'ils élimineront le déficit fédéral cette année. Mais le ministre des Finances, Joe Oliver, s'est résigné à repousser au moins jusqu'en avril le dépôt de son budget. Il a expliqué qu'il avait besoin de toutes les informations possibles avant de se commettre.

Il y a fort à parier que Stephen Harper ne voudra pas se limiter à parler d'économie. Les craintes face à la sécurité ont déjà fait monter sa cote de popularité l'automne dernier et il ne lâchera pas le morceau.

« Nous ne serons intimidés par des terroristes », a-t-il martelé au lendemain des attentats de Paris. Son gouvernement doit d'ailleurs déposer, probablement dès cette semaine, un nouveau projet de loi antiterroriste.

Le Parlement devra aussi débattre de l'avenir de la mission canadienne en Irak. Selon Thomas Juneau, professeur à l'Université d'Ottawa, les récents échanges de tirs impliquant les Canadiens pourraient être une épine au pied des conservateurs. « Dans le contexte des élections, cela donne des munitions aux critiques de la mission. » Il explique que les Forces canadiennes doivent aller sur le terrain pour pouvoir conseiller les Irakiens et qu'il est plausible que d'autres affrontements se produisent.

Sur le plan économique, Stephen Harper tente de se faire rassurant. « Les bases de l'économie canadienne sont très fortes », dit-il. La baisse du taux directeur devrait stimuler les exportations, mais Éric Tétrault, des Manufacturiers et Exportateurs du Québec, croit qu'il reste du travail à faire. Il souhaite une révision des politiques industrielles canadiennes.

« Le gouvernement conservateur a bien soutenu le secteur manufacturier, mais nous lui demandons d'en faire davantage puisque c'est le Québec et l'Ontario qui seront le moteur de l'économie canadienne en 2015. »

Si les députés reviennent aux Communes, les travaux parlementaires pourraient bien se faire souvent en l'absence des chefs de partis. À moins de neuf mois des élections, la campagne est pour ainsi dire commencée. La joute politique, celles des leaders surtout, se déroulera sur le terrain.

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