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La Banque TD abaisse ses prévisions et prévoit une nouvelle baisse de taux

26/01/2015 11:55 EST | Actualisé 28/03/2015 05:12 EDT

OTTAWA - L'impact du plongeon du cours du pétrole a convaincu une des plus grandes banques canadiennes de réduire ses prévisions pour la croissance économique du pays en 2015, avertissant du même coup qu'une nouvelle baisse de taux d'intérêt était peut-être imminente.

La Banque TD a indiqué lundi s'attendre à ce que l'économie canadienne n'avance que de 2,0 pour cent cette année, tandis que ses prévisions précédentes, émises en décembre, visaient plutôt une croissance de 2,3 pour cent. La croissance économique du pays devrait progresser à 2,2 pour cent en 2016, a poursuivi la banque dans un rapport à ses clients.

Les économistes de la TD prédisent en outre que la Banque du Canada réduira de nouveau son taux d'intérêt directeur d'un quart de point lors de sa prochaine décision à ce sujet, en mars, pour le porter à 0,5 pour cent. Ensuite, ils s'attendent à ce que ce taux reste immobile jusqu'à la deuxième moitié de 2016.

La Banque du Canada a étonné les marchés financiers la semaine dernière en réduisant son taux de financement à un jour cible d'un quart de point de pourcentage, à 0,75 pour cent. Les économistes s'attendaient à ce que le taux directeur soit maintenu à un pour cent, où il se trouvait depuis septembre 2010.

Le gouverneur Stephen Poloz a alors expliqué que les conséquences du plongeon des prix du pétrole seraient «indéniablement négatives» pour l'économie canadienne.

En abaissant son taux directeur, la banque cherche à atténuer ces impacts et à «offrir une assurance» contre les risques à l'inflation et à la stabilité financière du pays, a-t-il précisé.

«Ceux qui espéraient que le marché retrouve un plus grand calme après les Fêtes ont été amèrement déçus», note le rapport de la TD.

«La chute des prix du pétrole s'est poursuivie et a été plus longue que tous ne l'avaient prédit il n'y a que quelques mois.»

Le cours du baril de pétrole brut, qui vaut actuellement environ 45 $ US, a retraité de plus de 50 pour cent depuis ses sommets de l'été dernier. Ce plongeon s'explique surtout par une surabondance des réserves mondiales de pétrole et par le ralentissement de l'économie mondiale.

La banque prédit que le prix de référence du baril de pétrole — le West Texas Intermediate — se négociera en moyenne à 47 $ US cette année, et à 65 $ US en 2016, alors que ses prévisions de décembre voyaient plutôt le cours moyen à 68 $ US cette année et à 80 $ US l'an prochain.

Les plus faibles perspectives pour les prix du pétrole ont aussi «atténué» les prédictions de la banque à l'endroit du dollar canadien, qui s'échangeait lundi légèrement au-dessus du cap des 80 cents US.

La TD croit que le huard va continuer à perdre de l'altitude jusqu'en 2016, touchant un creux de 75 cents US tôt l'an prochain, avant de commencer à remonter.

Le rapport de la banque souligne en outre les autres conséquences de la baisse du cours du brut, une situation qui devrait permettre au ménage canadien moyen d'économiser près de 900 $ en essence à la pompe cette année.

Les autres conséquences pourraient comprendre des pertes d'emplois dans les régions productrices de pétrole au pays. Les marchés de l'habitation de ces régions pourraient aussi être touchés.

En plus de tout cela, les provinces riches en énergie — tout comme le gouvernement fédéral — devraient voir leurs revenus diminuer.

La semaine dernière, le ministre fédéral des Finances, Joe Oliver, a annoncé que son gouvernement reporterait le dépôt de son prochain budget au moins jusqu'en avril, pour lui laisser le temps d'évaluer l'impact du plongeon du cours du pétrole.

Ottawa dévoile habituellement son budget fédéral en février ou en mars, avant la fin de l'exercice financier.

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