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L'extrême gauche remporte une victoire historique en Grèce

25/01/2015 03:26 EST | Actualisé 27/03/2015 05:12 EDT

ATHÈNES, Grèce - Le parti d'extrême gauche Syriza a remporté les élections parlementaires de dimanche en Grèce. La victoire historique de ce parti qui désire mettre fin à l'austérité ouvre la voie à une confrontation avec les créanciers internationaux du pays, ce qui pourrait ébranler la zone euro.

Le chef de ce parti aux racines communistes, Alexis Tsipras, a immédiatement promis de mettre fin aux cinq dures années que la Grèce a traversées depuis qu'une opération internationale de sauvetage financier lui a permis d'éviter la banqueroute en 2010.

Après le décompte de 80 pour cent des boîtes de scrutin, Syriza avait récolté 36 pour cent des voix, contre 28 pour cent pour le parti du premier ministre sortant, le conservateur Antonis Samaras. Ce dernier a concédé la victoire à son adversaire peu après que les premières projections eurent été diffusées.

Les projections ne permettaient toutefois pas de dire si Syriza a obtenu une majorité suffisante pour diriger seule le pays. Pour ce faire, la coalition doit récolter au moins 151 des 300 sièges du Parlement. Si elle ne parvient pas à atteindre ce seuil, Syriza devra former un gouvernement minoritaire ou s'entendre avec d'autres partis pour établir une coalition. La situation ne sera clarifiée qu'une fois tous les votes comptés, lundi matin ou plus tard.

S'il parvient à former un gouvernement, Alexis Tsipras, âgé de 40 ans, deviendra le plus jeune premier ministre de la Grèce depuis 150 ans.

Celui-ci a promis aux Grecs que les inspections régulières du Fonds monétaire international, de la Commission européenne et de Banque centrale européenne étaient maintenant choses du passé.

Le chef de Syriza a remporté les élections en s'engageant à demander aux autres pays d'annuler les dettes de la Grèce. Il a aussi l'intention de renégocier les modalités du plan de sauvetage économique international du pays, évalué à 240 milliards $ US.

«La Grèce a tourné une page et laisse derrière elle l'austérité destructrice, la peur et l'autoritarisme. Elle laisse derrière elle cinq ans d'humiliation et de souffrance», a déclaré Alexis Tsipras devant une foule de partisans survoltés. Il a promis d'abroger certaines politiques d'austérité — dont des compressions dans les prestations de retraite, une baisse du salaire minimum et certaines privatisations — qui avaient été exigées par les créditeurs de la Grèce.

Certains craignent toutefois que le nouveau gouvernement plonge le pays dans une autre crise, mettant en danger les marchés européens et mondiaux et amplifiant les problèmes de l'euro, la devise de 19 pays de l'Union européenne. Ce sera d'ailleurs le sujet principal d'une réunion entre les ministres des Finances de la zone euro lundi.

«Nous pouvons discuter des modalités, nous pouvons discuter d'une restructuration de la dette, mais la pierre angulaire [de l'entente] est que la Grèce doit respecter les règles de l'union monétaire — et cela doit demeurer tel quel», a résumé le ministre belge des Finances, Johan Van Overtveldt, au réseau VRT.

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