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Le Japon sous le choc alors qu'un otage japonais pourrait avoir été exécuté

25/01/2015 02:28 EST | Actualisé 27/03/2015 05:12 EDT

TOKYO - Les Japonais étaient sous le choc, dimanche, après la publication d'une vidéo qui dévoilerait la mort d'un des deux otages japonais détenus par le groupe armé État islamique.

Depuis la diffusion des images, le pays a intensifié ses efforts pour tenter de sauver le journaliste survivant Kenji Goto. Le premier ministre Shinzo Abe a confirmé que la vidéo semblait authentique, même si le gouvernement procédait toujours à des analyses. Il a offert toutes ses condoléances aux proches de Haruna Yukawa, qui était détenu en Syrie depuis l'année dernière.

M. Abe n'a toutefois pas commenté les rumeurs voulant que les bourreaux aient demandé un échange de prisonniers. Il a réitéré que son gouvernement travaillait activement pour libérer M. Goto, qui a vraisemblablement été kidnappé en octobre dernier.

Le père de M. Yakawa était «sans mot» devant de tels gestes. Il a dit espérer que la nouvelle de la mort de son fils soit fausse.

La mère de M. Goto, Junko Ishido était sceptique à l'écoute de la voix qui devrait être celle de son fils. Mme Ishido a affirmé qu'elle prierait pour lui.

Certains détracteurs ont critiqué le premier ministre Shinzo Abe pour son attitude passive depuis la capture des otages japonais, réclamant une intervention militaire du Japon au Moyen-Orient. En vertu de la constitution pacifique adoptée après la Deuxième Guerre mondiale, les soldats japonais ne sont déployés que dans des cas de légitime défense.

Une centaine de manifestants s'étaient rassemblés devant la résidence du premier ministre pour demander la libération de M. Goto. Kenji Kunitomi reproche à M. Abe d'avoir «provoqué» l'organisation terroriste notamment en se rendant en Israël.

Le premier ministre japonais avait versé 200 millions $ d'aide humanitaire aux pays membres de la coalition internationale contre le groupe armé ÉI. Les extrémistes avaient demandé au Japon le montant en rançon pour retrouver ses deux citoyens.

Dans un communiqué, le président américain Barack Obama a condamné le «meurtre brutal» du voyageur, ne précisant toutefois pas ce qui leur permettait de confirmer son décès.

«Les renseignements américains n'ont aucune raison de douter de l'authenticité de la vidéo», a expliqué le porte-parole du Directeur du renseignement national Brian Hale.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a déploré le «meurtre apparent» du Japonais, soulignant l'importance de combattre le groupe armé ÉI.

Le professeur en études japonaises à l'université Johns Hopkins de Washington Kent Calder estime que les Japonais sont plus affectés par ce drame en raison de leur «sentiment de communauté» et de leur conformisme.

«Ce trouble est amplifié par le fait que les Japonais, je crois, n'avaient pas vu venir cela. Certains d'entre eux comprendront maintenant qu'ils vivent dans une société globale, plutôt que sur une île isolée», a-t-il analysé, dans un courriel.

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