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Haïti: l'ONU appelle à la gouvernance inclusive d'ici aux élections

25/01/2015 10:05 EST | Actualisé 27/03/2015 05:12 EDT

PORT-AU-PRINCE, Haïti - Les membres de la délégation du Conseil de sécurité de l'ONU de passage en Haïti ont exhorté les autorités nationales, dimanche, à organiser des élections crédibles le plus rapidement possible et à faire preuve de leadership pour gouverner le pays de manière responsable et inclusive en l'absence d'une législature fonctionnelle.

Au terme d'une visite de trois jours, l'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, Samantha Powell, a déclaré que le conseil appuyait «le renforcement de l'équilibre des pouvoirs quand le Parlement ne fonctionne pas selon son rôle traditionnel».

Des membres du Conseil de sécurité sont arrivés en Haïti vendredi pour une visite de trois jours. L'un de leurs objectifs était d'exhorter le gouvernement haïtien à organiser les élections reportées plusieurs fois.

Depuis le 12 janvier, le président Michel Martelly gouverne par décret, car le Parlement a été dissous quand les législateurs ont vu leur mandat arriver à échéance en pleine période d'impasse politique. Depuis, un nouveau Cabinet et plus d'une dizaine de secrétaires d'État ont été assermentés, en plus du premier ministre Evans Paul. Un nouveau Conseil électoral provisoire, chargé d'organiser cette année les élections municipales et législatives longuement attendues, a aussi été créé.

La visite du Conseil de sécurité devait également permettre d'évaluer la mise en oeuvre de ses propres résolutions, entre autres le renforcement des services de police haïtiens, a déclaré l'ONU dans un communiqué. L'an dernier, sa mission pour la stabilisation en Haïti, la MINUSTAH, a été prolongée d'un an. Les effectifs devraient toutefois passer de 5021 à 2370 soldats en juin.

Jusqu'à ce que des élections soient organisées, Mme Power a appelé le gouvernement haïtien à gouverner de façon inclusive afin de «maintenir la légitimité de l'État».

Mais elle a aussi laissé entendre que les opposants au président Martelly, qui réclament sa démission, devraient aussi travailler activement en vue de parvenir à un compromis.

Les manifestations organisées par les militants de l'opposition se sont multipliées ces derniers temps à Port-au-Prince, perturbant la circulation et les activités quotidiennes.

«Tout le monde en Haïti n'obtiendra pas exactement ce qu'il veut dans les prochains jours ou les prochaines années, mais il est primordial que tous les acteurs (...) placent le bien-être d'Haïti devant leur intérêt personnel», a déclaré Mme Power.

Lors de la visite de la délégation onusienne à l'Académie nationale de police d'Haïti, dimanche, le ministre de la Justice, Pierre-Richard Casimir, a demandé à l'ONU de ne pas procéder à une diminution du nombre de Casques bleus avant que les élections aient eu lieu. En plus des élections législatives, le pays doit aussi organiser une élection présidentielle cette année.

L'ambassadeur du Chili à l'ONU, Christian Barros Melet, a déclaré par la suite aux journalistes qu'il était encore trop tôt pour annoncer une décision sur la requête du ministre de la Justice.

L'ONU dirige une force de maintien de la paix en Haïti depuis 2004, quand une violente rébellion avait mené au renversement du président Jean-Bertrand Aristide.

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