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Le «meurtre brutal» d'un otage japonais dénoncé par la communauté internationale

24/01/2015 04:53 EST | Actualisé 24/01/2015 09:44 EST
ASSOCIATED PRESS
A passer-by watches a TV news program reporting two Japanese hostages, Kenji Goto, left, and Haruna Yukawa, held by the Islamic State group, in Tokyo, Friday, Jan. 23, 2015. Militants affiliated with the Islamic State group have posted an online warning that the "countdown has begun" for the group to kill a pair of Japanese hostages. (AP Photo/Eugene Hoshiko)

Japon, Etats-Unis et Grande-Bretagne ont fermement condamné samedi et dimanche l'exécution sommaire d'un Japonais otage du groupe Etat islamique (EI), le Premier ministre nippon et le président américain exigeant "la libération immédiate" du deuxième Japonais aux mains des jihadistes.

"Un tel acte de terrorisme est ignoble et inadmissible, je le condamne avec la plus grande fermeté", s'est indigné Shinzo Abe.

Les responsables des principaux partis politiques japonais ont de même exprimé dimanche leur profonde indignation face à ce meurtre.

M. Abe a exprimé ses condoléances à la famille de son compatriote assassiné, Haruna Yukawa (vraisemblablement enlevé en Syrie en août dernier), et de nouveau exigé que soit relâché sans délai l'otage restant, le journaliste Kenji Goto, probablement capturé par l'EI fin octobre.

"Nous allons continuer de combattre le terrorisme au côté de la communauté internationale", a assuré le Premier ministre japonais.

Barack Obama a déclaré que les Etats-Unis se tenaient "aux côtés de leur allié japonais et applaudissaient le dévouement du Japon pour la paix et pour le développement dans une région loin de ses frontières".

"Nous continuerons à travailler ensemble pour traduire ces meurtriers en justice et continuerons à mener des actions pour affaiblir et au final éliminer l'EI", a-t-il conclu.

Le Premier ministre britannique David Cameron a de son côté estimé que "le meurtre brutal présumé de Haruna Yukawa et les autres menaces faites par l'EI rappellent une nouvelle fois la barbarie meurtrière de ces terroristes".

Bien que des doutes ait été initialement exprimés sur l'authenticité de la vidéo mise en ligne pour annoncer la mort de M. Yukawa, le Premier ministre Abe a jugé qu'elle était hautement crédible.

"Nous avons examiné attentivement ces images et des analyses se poursuivent, mais nous ne pouvons hélas que penser que leur crédibilité est élevée", a dit M. Abe dimanche matin.

Les déclarations antérieures du président américain et du Premier ministre britannique semblent aussi indiquer que leurs services de renseignement ont authentifié ce document attribué aux jihadistes.

D'une durée de près de trois minutes, cette vidéo montre une image fixe de M. Goto en tunique orange tenant dans les mains une photo de ce qui semble être le corps de M. Yukawa.

La directrice de SITE, centre américain spécialisé dans la surveillance en ligne de la mouvance jihadiste, avait affirmé plus tôt que ce document "a bien été diffusé par l'EI", même si "il ne présente pas les mêmes caractéristiques que les précédentes vidéos de décapitation. Le montage a visiblement été fait à la hâte et il manque les habituels logos d'Al-Furqan media foundation, bras armé médiatique de l'EI".

Déterminé à ne pas céder

Ce nouveau développement est intervenu moins de deux jours après l'expiration de l'ultimatum de 72 heures posé mardi dernier par les islamistes de l'EI qui menaçaient d'exécuter les deux Japonais à moins de recevoir une rançon de 200 millions de dollars.

Le gouvernement japonais, qui subit aussi la pression des dirigeants étrangers pour ne rien lâcher, a sans cesse réaffirmé sa détermination à "ne pas céder aux menaces terroristes", ainsi que son engagement à le combattre, avec d'autres pays, même si le Japon ne peut fournir que des soutiens non militaires à la communauté internationale, du fait de l'interdiction constitutionnelle de passer à l'offensive.

La priorité du gouvernement Abe est désormais de sauver Kenji Goto.

Les spécialistes de l'islam et médias insistent sur le rôle clef que pourrait surtout jouer la Turquie, et peut-être aussi la France, qui est parvenue à faire libérer l'an dernier quatre journalistes enlevés par l'EI.

"Le Premier ministre Abe a visité plusieurs fois la Turquie, certes pour des motifs avant tout économiques relatifs notamment à l'énergie nucléaire, mais ce pays, qui a une frontière avec la Syrie et est un point de passage, peut être un intermédiaire important", explique le professeur Masanori Naito, de l'Université Doshisha.

Conscient que l'expérience de Paris peut aussi être utile, le chef de la diplomatie nippone, Fumio Kishida, avait rapidement requis la coopération de la diplomatie française, ainsi que de plusieurs autres nations.

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