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Des milliers de Yéménites manifestent leur opposition aux rebelles chiites

24/01/2015 03:56 EST | Actualisé 26/03/2015 05:12 EDT

SANAA, Yémen - Des dizaines de milliers de Yéménites ont marché dans les rues de Sanaa pour contester la démission du président, alors que les rebelles contrôlent la capitale depuis des mois. L'absence d'autorité politique fait craindre à Washington une augmentation de l'emprise du groupe extrémiste Al-Qaïda sur le pays.

Quelque 20 000 manifestants ont convergé vers la résidence de l'ancien chef d'État Abed Rabbo Mansour Hadi, qui a démissionné, jeudi, avec tous les membres de son cabinet. Il s'agit du plus grand rassemblement depuis que les rebelles houthis ont pris la capitale, en septembre.

Les marcheurs scandaient plusieurs slogans pour réclamer le retour du président Hadi et pour condamner les rebelles. Des affrontements ont éclaté à un moment, au terme desquels un rebelle et deux manifestants ont été blessés par des matraques et des couteaux. Un tireur houthi a d'ailleurs ouvert le feu sur la foule, blessant trois autres personnes.

Les contestataires ont notamment accusé les rebelles chiites de maintenir des liens étroits avec l'Iran et d'être de connivence avec le prédécesseur controversé de M. Hadi, le dictateur Ali Abdullah Saleh. On leur reproche en outre d'avoir fomenté un coup d'État contre l'ancien président.

Selon des porte-paroles des forces de sécurité qui ont parlé sous le couvert de l'anonymat, des milliers d'autres personnes ont défilé dans les villes de Taiz, Ibb et Dhamar pour revendiquer les mêmes causes.

Les Houthis, qui disent vouloir lutter contre la corruption, ont promis vendredi de mener calmement une transition démocratique du pouvoir. Les rebelles demandent depuis longtemps une meilleure représentation dans les institutions gouvernementales et un rôle accru dans la rédaction de la nouvelle constitution du pays. Le groupe est toutefois maintenant diminué par plusieurs luttes intestines, puisque plusieurs de ses membres auraient préféré que le président reste pour assumer un rôle symbolique.

Un des dirigeants des rebelles a d'ailleurs démissionné parce qu'il craint la polarisation politique pouvant résulter de ces événements. L'unité du pays est en danger, selon lui.

Dans la province de Marib, les autorités locales ont affirmé qu'ils refuseraient de se soumettre aux ordres de la capitale, tandis qu'au sud du pays, à Aden, les gouverneurs ont donné leur appui sans réserve au président Hadi.

Les membres du Parlement ont été convoqués, dimanche, pour se pencher sur la démission du président. Si elle est approuvée par les élus, l'orateur de la Chambre, Yahia al-Rai — un proche de l'ancien président Saleh — prendra les rênes du pays.

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