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Des bombardements dans l'est de l'Ukraine font au moins 30 morts

24/01/2015 09:41 EST | Actualisé 26/03/2015 05:12 EDT

KIEV, Ukraine - Des bombardements à Marioupol, située à l'est de l'Ukraine, ont causé la mort d'au moins 30 personnes, samedi matin.

Des forces gouvernementales ukrainiennes s'activaient pour la défense de la ville portuaire stratégique, alors que le plus haut leader séparatiste prorusse déclarait qu'une offensive contre la ville avait débuté. Il a par la suite tempéré ses propos alors que l'ampleur des victimes civiles se confirmait.

Le président Petro Porochenko a convoqué une réunion d'urgence de ses responsables militaires et a écourté son voyage en Arabie saoudite pour coordonner la réponse du gouvernement. Les positions militaires dans la ville ont été renforcées et des contingents étaient constitués, a indiqué le ministre de la Défense, Stepan Poltorak.

M. Porochenko a qualifié les attaques à Marioupol d'acte terroriste.

«Le temps est venu d'identifier leurs commanditaires. L'aide accordée aux militants, les livraisons d'armes, l'équipement et la formation — ne s'agit-il pas de soutien au terrorisme?», a dit le président dans un enregistrement.

Les tirs de roquettes ont touché des maisons, une école et des commerces de la région, selon le ministre de la Défense ukrainien. Un poste de contrôle militaire de l'Ukraine a aussi été la cible des bombardements.

Le ministère ukrainien de la Défense a affirmé que trois frappes distinctes de lance-roquettes Grad avaient atteint Marioupol et les environs, samedi.

«Le secteur attaqué qui a été est imposant, a soutenu le maire de Marioupol, Iouri Khotloubeï. Il s'agit très clairement d'une agression russe ayant causé des pertes terribles pour les résidants de la partie est de notre ville.»

L'agence de nouvelles RIA Novosti a cité le leader rebelle ukrainien Alexandre Zakhartchenko disant qu'une offensive avait débuté à Marioupol. Il a parlé alors qu'il déposait une couronne à l'endroit où au moins huit civils sont morts dans le bombardement d'un arrêt d'autobus, jeudi, à Donetsk, la plus importante ville détenue par les rebelles dans l'est de l'Ukraine.

Néanmoins, Alexandre Zakhartchenko est rapidement revenu sur ses propos, affirmant que les forces de défense gouvernementales seraient détruites, mais que la ville elle-même ne serait pas prise d'assaut. Il a nié que ses forces aient été responsables du carnage, samedi, soutenant qu'il s'agissait d'une bavure des forces du pouvoir central.

Mais la mission d'observation en Ukraine de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a affirmé que des roquettes de types Grad et Ouragan avaient été tirées depuis des secteurs contrôlés par les rebelles.

Le conseil municipal de Marioupol a tenu à rassurer ses résidants, précisant que la sécurité dans la ville avait été resserrée. Les troupes prorusses ne se dirigeraient pas vers la ville, selon un communiqué du conseil.

Dans les derniers jours, les rebelles séparatistes avaient manifesté leur intention de mener une offensive pour gagner du terrain dans la région, mettant ainsi en péril le processus de paix européen.

La mission d'observation en Ukraine de l'OSCE s'est d'ailleurs dite inquiète de l'augmentation du nombre de victimes dans les dernières semaines. Elle a condamné les attaques menées sur des quartiers résidentiels, qui mettent en danger des civils.

Depuis quelques jours, les affrontements sont de plus en plus fréquents dans l'est de l'Ukraine. À Debaltseve, qui est contrôlée actuellement par l'Ukraine, les rebelles ont envahi les routes principales de la ville. Selon certaines rumeurs, les troupes ukrainiennes pourraient bientôt se faire encercler par les séparatistes.

Les belligérants s'étaient entendus sur un cessez-le-feu en septembre dernier, à Minsk, en Biélorussie, mais l'accord n'a pas été respecté par les deux parties.

Depuis le mois d'avril dernier, plus de 5000 personnes ont perdu la vie, selon un rapport du Conseil des droits de l'homme des Nations unies.

Vastes condamnations

L'OTAN, les États-Unis et le Canada ont exhorté la Russie à cesser son soutien aux rebelles en Ukraine.

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a affirmé que la nouvelle offensive des rebelles «avait été aidée et encouragée par la décision irresponsable et dangereuse de la Russie de les réalimenter ces dernières semaines avec des centaines de nouvelles pièces d'armement de pointe».

Il a réclamé de la part de Moscou la fermeture de sa frontière internationale avec l'Ukraine et le retrait de toutes les armes, de tous les combattants et du soutien financier accordés aux séparatistes prorusses, menaçant de nouvelles mesures contre la Russie.

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a aussi condamné le bombardement à Marioupol et ce qu'il a qualifié de présence accrue de forces russes en Ukraine.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a affirmé que les roquettes semblaient «avoir été lancées sans discernement dans des secteurs civils, ce qui constituerait une violation du droit humanitaire international», selon une déclaration fournie par son porte-parole.

Des envoyés de l'Ukraine, de la Russie et de l'OSCE ont appelé par communiqué samedi à une rencontre d'urgence la semaine prochaine pour relancer le processus de paix de Minsk.

Le Canada s'est pour sa part dit indigné par les récents développements, parlant d'attaques à la roquette «menées aveuglément contre la ville de Marioupol par des insurgés soutenus par la Russie dans l’est de l’Ukraine».

Par communiqué, le ministre des Affaires étrangères John Baird a évoqué une «violation flagrante» des accords de cessez-le-feu de Minsk conclus en septembre.

«Ces actes scandaleux s’inscrivent dans la campagne d’agression de la Russie contre l’Ukraine et démontrent une propension odieuse à sacrifier des civils pour atteindre des objectifs illégitimes», exprimé M. Baird.

«Nous étudions, de concert avec le gouvernement de l’Ukraine, nos partenaires et nos alliés, les autres mesures qui pourraient être prises pour dissuader la Russie de poursuivre sur cette voie destructrice. Le Canada appuie également la demande de l’Ukraine de convoquer une séance d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies», a-t-il poursuivi.

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