NOUVELLES

L'État islamique et l'Irak souffrent de la chute du prix du pétrole

22/01/2015 06:52 EST | Actualisé 24/03/2015 05:12 EDT

LONDRES - La chute abrupte du prix du pétrole ne frappe pas que les trésors provinciaux et fédéraux au Canada et ailleurs, il siphonne aussi les trésors de guerre du groupe combattant État islamique et le budget du gouvernement irakien.

Selon le ministre canadien de la Défense, Rob Nicholson, l'impact de la chute du prix du pétrole brut sur le groupe État islamique (ÉI) a été l'objet de discussions, jeudi, lors d'une rencontre à Londres des 21 pays de la coalition aérienne menée par les États-Unis pour combattre les militants extrémistes.

Des responsables américains ont estimé l'automne dernier que l'ÉI générait jusqu'à un million de dollars par jour en vendant du pétrole par le biais d'un réseau de trafiquants au Moyen-Orient.

Le département du Trésor américain, qui cherche à couper à la source les revenus du groupe, a mené une chasse internationale intense, et principalement cachée du public, afin de trouver qui faisait les ventes et qui achetait ce pétrole.

Les revenus provenant du pétrole sont une des raisons pour lesquelles les frappes aériennes de la coalition ont parfois visé des raffineries contrôlées par les militants, l'été dernier.

Une autre des sources de revenus de l'ÉI réside dans les demandes de rançons. Dans les derniers jours, deux Japonais ont été enlevés par les militants, qui demandent 200 millions $ pour épargner leurs vies.

L'ÉI sollicite aussi des dons par Internet auprès de ses sympathisants, dont beaucoup résident dans le golfe Persique.

L'ÉI a tout de même «plutôt souffert» de la chute du prix du pétrole, a affirmé M. Nicholson, jeudi, durant une conférence téléphonique. Il n'a donné aucun chiffre pour soutenir cette hypothèse.

Le premier ministre irakien, Haïdar Al-Abadi, a pour sa part indiqué que son pays souffrait aussi de la situation: 80 pour cent du budget irakien repose sur les revenus du pétrole.

«Ç'a été désastreux pour nous, a-t-il dit, en conclusion de la rencontre à Londres. Je ne peux insister davantage et je l'ai expliqué à nos partenaires.»

Il a aussi affirmé avoir été assuré qu'il y aurait «un programme pour gérer notre crise», mais n'a pas clarifié ce que cela signifiait.

PLUS:pc