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Les discussions entre Cuba et les États-Unis progressent lentement mais sûrement

22/01/2015 05:45 EST | Actualisé 24/03/2015 05:12 EDT

LA HAVANE, Cuba - Les États-Unis et Cuba ont élaboré un plan détaillé devant mener à la normalisation de leurs relations diplomatiques, mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres, alors que le simple fait de fixer une date pour une deuxième série de pourparlers pourrait prendre des semaines.

Roberta Jacobson, la plus haute diplomate américaine pour l'Amérique latine et la plus importante représentante du gouvernement américain à visiter Cuba en plus de 30 ans, a affirmé que la seconde journée de discussions à La Havane, jeudi, avait été «positive et productive». Les discussions ont surtout porté sur la conversion des sections d'intérêt dans les deux capitales en ambassades à part entière, dirigées par des ambassadeurs.

Josefina Vidal, l'homologue cubaine de Mme Jacobson, était également satisfaite du dialogue.

Les deux femmes ont toutefois souligné les difficultés qui attendent les deux pays pour créer des liens diplomatiques normaux.

Mme Jacobson a parlé de l'inquiétude persistante des États-Unis en matière de droits de la personne à Cuba.

Mme Vidal a de son côté mentionné le statut de Cuba sur la liste américaine du terrorisme et les différentes restrictions économiques imposées à l'île depuis la mise en place de l'embargo commercial.

«Il nous faut surmonter plus de 50 ans d'une relation qui n'était pas basée sur la confiance», a dit Mme Jacobson à des journalistes.

Elle a mentionné les «profondes différences» qui séparent les deux gouvernements et a affirmé que les ambassades ne constitueraient pas les liens normaux entre les États-Unis et Cuba qu'ont dit souhaiter les présidents Barack Obama et Raul Castro, lors de leur annonce historique le mois dernier.

«C'était une première rencontre. C'est un processus», a déclaré Mme Vidal.

Dans les prochaines semaines, Washington et La Havane tenteront d'organiser une seconde ronde de discussions, qui pourrait être l'occasion de finaliser une entente.

Mettre fin aux limites d'employés et aux restrictions sur les déplacements des diplomates et, dans le cas du bâtiment américain à La Havane, retirer des postes de contrôle et d'autres structures cubaines dans le périmètre, faisaient partie des dossiers à l'ordre du jour de la première ronde de discussions.

Des désaccords importants persistent sur des questions comme l'immigration et les droits de la personne. Alors que Roberta Jacobson a déclaré qu'elle avait soulevé la question des droits, Josefina Vidal a affirmé qu'il n'en avait pas été question, un signe probable de différend sur le sujet.

La nécessité de mener au moins une autre ronde de discussions pourrait fait perdre espoir aux États-Unis de rouvrir les ambassades avant le sommet des Amériques, en avril, auquel MM. Obama et Castro doivent assister.

Le chef adjoint des Affaires nord-américaines de Cuba, Gustavo Machin, a affirmé que les rencontres s'étaient déroulées dans une atmosphère détendue et respectueuse.

«Regardez mon visage, a-t-il dit en souriant. Il reflète l'esprit dans lequel nous avons parlé jusqu'à maintenant.»

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