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Le président du Yémen démissionne sous la pression des rebelles chiites

22/01/2015 07:33 EST | Actualisé 24/03/2015 05:12 EDT

SANAA, Yémen - Le président du Yémen a démissionné jeudi, affirmant que les discussions de paix avec les rebelles chiites, qui se sont emparés de la capitale en septembre et le confinent chez lui depuis deux jours, avaient atteint un cul-de-sac.

Abed Rabbo Mansour Hadi aurait pris cette décision après avoir été contraint d'accorder de multiples concessions aux rebelles houthis, que l'on croit à la solde de l'Iran. Il avait précédemment fait des concessions politiques aux rebelles, qui auraient ensuite dû se retirer de sa résidence et du palais présidentiel voisin. Des combattants houthis sont toutefois demeurés déployés autour des deux édifices pendant toute la journée de jeudi.

La situation risque de compliquer considérablement les efforts des États-Unis pour combattre la puissante branche d'Al-Qaïda au Yémen, et alimente les craintes que le pays le plus pauvre du monde arabe ne s'essaime en mini-États.

Un certain flou persistait, mais des informations laissaient croire que les autorités à Aden, la capitale de la région du sud du Yémen, ne se plieraient plus à l'autorité du gouvernement central.

D'après le conseiller présidentiel Sultan al-Atawani, les Houthis ont refusé de se retirer du palais présidentiel, du palais républicain où vit le premier ministre et de la maison du président. Ils ont aussi refusé de libérer un proche conseiller de M. Hadi, dont l'enlèvement, plus tôt cette semaine, a déclenché les violences.

Des responsables militaires — qui, comme tous les autres, se sont exprimés sous le couvert de l'anonymat — ont précisé que M. Hadi avait choisi de démissionner quand les rebelles lui ont demandé de prendre la parole à la télévision pour calmer le jeu. Ils auraient aussi demandé des rendez-vous dans son bureau, au ministère de la Défense et dans les capitales provinciales, ce que le président a refusé.

«Nous avons atteint un cul-de-sac, a dit M. Hadi dans sa lettre de démission. Nous avons conclu que nous sommes incapables d'atteindre le but, ce qui nous cause beaucoup de douleur et de déception.»

Conformément aux lois yéménites, c'est le président du Parlement, Yahia al-Rai, qui assumera la présidence intérimaire. M. Al-Rai est un proche allié de l'ancien président déchu Ali Abdullah Saleh, qui détient encore un pouvoir considérable malgré sa démission en 2012. M. Saleh est largement soupçonné d'être un allié des Houthis.

Le gouvernement du premier ministre Khaled Bahah a lui aussi remis sa démission, plus tôt jeudi. Le gouvernement de M. Bahah avait été formé en novembre, dans le cadre d'un accord de paix négocié par l'ONU après que les rebelles houthis se sont emparés de la capitale. M. Bahah a annoncé sa démission sur Facebook, dans l'espoir «de ne pas être entraîné dans un gouffre de politiques stériles, sans lois».

«Nous ne voulons pas faire partie de ce qui se produit ou se produira», a-t-il ajouté.

Les rebelles houthis réclament la mise en oeuvre d'une entente qui prévoit de leur accorder plus de pouvoirs.

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