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L'ambassadeur canadien à Washington interpelle Obama sur Keystone XL

22/01/2015 05:21 EST | Actualisé 22/01/2015 05:21 EST
CP

L'ambassadeur du Canada aux Etats-Unis a publiquement interpellé jeudi l'administration Obama pour qu'elle approuve le projet d'oléoduc Keystone XL lors d'une conférence de presse au Congrès, rejoignant ainsi des parlementaires américains opposés au président.

Gary Doer s'est rendu au Capitole, aux côtés de deux sénateurs américains favorables à la construction de Keystone XL, qui doit transporter du pétrole brut des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'aux Etats-Unis pour y être raffiné.

Le projet de TransCanada est à l'étude depuis plus de six ans, et l'exécutif américain est l'autorité qui accorde normalement les permis de construire. Mais les républicains du Congrès entendent autoriser unilatéralement le projet, par une loi. Barack Obama a averti qu'il opposerait son veto à une telle tentative de court-circuitage.

Les écologistes et une majorité de démocrates sont hostiles à Keystone XL en raison des risques de fuite et parce que le pétrole ainsi extrait émet plus de gaz à effet de serre que les bruts conventionnels.

Le département d'Etat a conclu dans un rapport en janvier 2014 que le projet n'aurait probablement pas d'impact significatif sur le niveau mondial des émissions de gaz à effet de serre.

Selon l'ambassadeur, ce rapport et les critères établis par Barack Obama "requièrent du président, au-delà du symbolisme, de suivre la science et les faits".

"Je l'ai entendu parler de science à son discours sur l'état de l'Union. Alléluia!" a alors lancé l'ambassadeur, plein d'ironie. "Allons-y avec la science, car la science se trouve dans le rapport du département d'Etat".

"Notre travail consiste à corriger les faits et les mythes", a-t-il aussi dit. Il a souligné que le transport de brut par oléoduc, plutôt que par chemin de fer ou camions, était plus sûr.

Mais sa venue au Congrès, aux côtés d'opposants du président, représente-t-elle une ingérence dans les affaires internes américaines?

"Ce n'est pas politique, c'est +bipartite+, ce sont des élus des deux partis", s'est défendu Gary Doer, flanqué du démocrate Joe Manchin et du républicain John Hoeven.

"Nous voulons soutenir les gens qui nous soutiennent, et rappeler les faits", a justifié l'ambassadeur.

"Nous sommes majeurs, nous n'allons pas nous effacer à la première discussion un peu bagarreuse, et les Etats-Unis non plus... ils jouent à la dure, et c'est quelque chose que nous respectons", a encore dit Gary Doer.

Oui ou non, le dossier de Keystone XL a-t-il endommagé la relation entre les deux alliés?

"Ce n'est jamais aussi simple que oui ou non, car nous n'avons pas eu de non. Voulons-nous une décision plus rapide? Oui. Les retards sont frustrants mais un retard ne signifie pas un rejet", a-t-il conclu.

Interrogée, la porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki a répondu que l'administration "connaissait bien l'opinion du gouvernement canadien sur la question", et rappelé que la procédure suivait son cours.

Huit agences fédérales doivent rendre leurs conclusions d'ici le 2 février sur "l'intérêt national" du projet. Ensuite, il reviendra au secrétaire d'Etat, sous l'autorité de Barack Obama, de déterminer si le projet sert l'intérêt national.

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