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La situation au sol «a évolué» en Irak, soutient le chef d’état-major canadien

22/01/2015 02:40 EST | Actualisé 24/03/2015 05:12 EDT

OTTAWA - Stephen Harper et son ministre de la Défense ont clairement indiqué, jeudi, qu'ils ne veulent pas lier les mains des militaires canadiens chargés de la formation en Irak, mais ils ont aussi laissé entendre que les Forces d'opérations spéciales (FOS) du Canada ne devraient pas participer à plus de missions de combat.

La situation au sol «a évolué» en Irak et les forces canadiennes ont augmenté leur soutien en matière de frappes aériennes contre le groupe armé État islamique, parce que les forces de sécurité irakiennes sont plus menacées, a par ailleurs admis jeudi le chef d’état-major de la Défense, dans un communiqué publié pour apporter des précisions sur la nature des activités menées par les Forces spéciales en Irak.

Le général Tom Lawson avait précisé publiquement en octobre que les soldats d'élite des FOS n'accompagneraient pas les forces de sécurité irakiennes ou les combattants kurdes dans les combats au sol, non plus qu'ils n'identifieraient d'objectifs pour les frappes aériennes des avions de la coalition.

Or, le brigadier-général Michael Rouleau, commandant des FOS, indiquait lundi que des soldats canadiens avaient orchestré, à partir du front, 13 frappes aériennes depuis la fin du mois de novembre. Tout au long de l'automne, le gouvernement irakien a demandé sans relâche à la coalition, menée par les États-Unis, de multiplier les frappes aériennes contre les positions des extrémistes, qui gagnaient du terrain dans le nord et l'ouest du pays.

L'opposition à Ottawa a cité ces déclarations et celles du premier ministre Stephen Harper, en septembre, pour démontrer que le gouvernement a induit la population en erreur concernant la mission réelle des militaires canadiens en Irak.

Le général Lawson a donc cru nécessaire d'intervenir, jeudi, par communiqué, tout comme le premier ministre Harper, en déplacement à St.Catharines, en Ontario.

«Nous ne sommes pas en mission de combat terrestre, mais nous offrons du soutien aux forces en combat. Les activités des FOS en Irak décrites par les généraux Vance et Rouleau (lundi) sont parfaitement conformes au mandat attribué par le gouvernement de fournir des conseils et de l'aide», a soutenu le chef d’état-major.

De son côté, le ministre de la Défense nationale, Rob Nicholson, a laissé entendre, jeudi, que le rôle des Canadiens dans la prise de décisions concernant les frappes aériennes avait déjà été évoqué en septembre, lorsqu'Ottawa a donné le feu vert à la mission. Le gouvernement, a dit le ministre, ne voulait surtout pas lier les mains des soldats sur le terrain.

«Les Forces spéciales sont là pour fournir conseils et assistance, et c'est ce qu'elles ont fait», a dit le ministre au téléphone depuis Londres, où il participait à une réunion des membres de la coalition contre le groupe armé État islamique. «Nous n'avons pas imposé de limites à leur capacité de conseiller et d'aider.»

Le premier ministre a renchéri, jeudi, en rappelant que le rôle du Canada est «d'assurer que les forces irakiennes — surtout les forces kurdes — peuvent mener leur propre campagne de combats».

«Nous sommes là pour conseiller et donner de l'aide», a-t-il dit. «C'est une mission militaire robuste — si on tire sur nos troupes, on va répliquer. Nous sommes là pour contrer l'État islamique de façon robuste et on va continuer de le faire.»

«S'ils nous tirent dessus, nous allons répliquer, comme nos gars l'ont fait (récemment), et nous sommes très fiers de ce que nous accomplissons en Irak», a lancé le premier ministre.

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