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Extrémisme: la France s'attaque aux inégalités dans les banlieues

22/01/2015 01:05 EST | Actualisé 24/03/2015 05:12 EDT

PARIS - Le gouvernement français a lancé jeudi une nouvelle initiative pour panser les plaies sociales et religieuses du pays, notamment en enseignant les valeurs laïques aux enfants pour les détourner de la propagande extrémiste.

Plusieurs ont été estomaqués par les propos du premier ministre Manuel Valls qui, plus tôt cette semaine, a évoqué un «apartheid territorial, social et ethnique» qui touche surtout les banlieues troublées, des poudrières d'où seraient souvent absentes les valeurs qui unissent la France.

Ces banlieues accueillent les plus pauvres, surtout des immigrants, dont plusieurs musulmans provenant des anciennes colonies françaises.

M. Valls a convoqué une rencontre spéciale du gouvernement jeudi pour discuter de ce gouffre social. Les propositions qui ont été formulées ciblent surtout les écoles, qui sont, selon M. Valls, «un chaînon essentiel» pour transmettre les valeurs françaises de tolérance et de liberté.

Les écoles se sont retrouvées sous les feux de la rampe quand certains enfants ont refusé d'observer un moment de silence à la mémoire des victimes des attentats terroristes des 7 et 9 janvier en France. Vingt personnes ont été tuées, dont les trois terroristes, issus des banlieues pauvres de Paris.

Le programme annoncé jeudi comprend une formation et des tests pour les enseignants concernant la citoyenneté française et européenne, la laïcité et son enseignement. Les fonds utilisés pour aider les familles à payer les frais scolaires seront augmentés de 20 pour cent, à 45 millions d'euros.

L'idée a aussi été soulevée d'aider les enfants à mieux naviguer parmi les médias modernes, notamment en leur expliquant comment distinguer la propagande extrémiste de l'information fiable. Chaque école secondaire devra se doter de sa propre radio, de son propre journal ou de son propre blogue.

La ministre de l'Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, a annoncé que le temps consacré à l'enseignement des sujets civiques passera de 100 à 300 heures aux niveaux primaire et secondaire.

Ces idées demeurent toutefois vagues et relativement modestes.

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