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Au moins 12 morts dans des manifestations antigouvernementales au Congo

22/01/2015 05:14 EST | Actualisé 24/03/2015 05:12 EDT

KINSHASA, République Démocratique Du Congo - Des manifestations antigouvernementales ont fait au moins 12 morts au cours des derniers jours en République démocratique du Congo, alors que le Sénat a repoussé un vote sur un projet de loi qui fait craindre à l'opposition que le président ne cherche à prolonger son mandat.

Après trois jours d'agitation, la capitale du pays, Kinshasa, est difficilement revenue au calme jeudi, mais les manifestations se poursuivaient ailleurs dans le pays. Dans l'est, quatre personnes ont perdu la vie, selon les autorités.

L'accès à Internet, coupé pendant les manifestations, a été restauré partiellement, mais le service de messagerie par texte était toujours interrompu.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est dit inquiet de ces décès et a demandé aux deux parties de faire preuve de retenue. Une déclaration du Conseil de sécurité exhorte le gouvernement à établir un plan de travail et un échéancier pour déclencher des élections «pacifiques, crédibles et en temps opportun».

Le Sénat devait voter jeudi sur une proposition de loi qui exigerait un référendum avant l'élection présidentielle de l'an prochain, mais a repoussé le vote à vendredi. Des opposants à cette loi affirment que les défis logistiques que représenterait un référendum dans ce vaste pays retarderaient le scrutin présidentiel.

La chambre basse a adopté la mesure samedi, ce qui a déclenché les manifestations à Kinshasa et ailleurs dans le pays.

Depuis lundi, 12 personnes sont mortes dans les manifestations, d'après le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende. Plus de 400 personnes ont été arrêtées.

Selon la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, ce ne sont pas 12, mais 42 personnes qui sont mortes lorsque les forces de la sécurité ont fait feu sur les manifestants.

M. Mende a nié que la police ait ouvert le feu sur les manifestants et a insisté sur le fait qu'ils avaient été tués à la suite d'actes de pillage.

Ni M. Mende ni la fédération n'avaient en main le bilan des victimes de jeudi, alors qu'un calme fragile est revenu dans la capitale. Selon le représentant d'une organisation de la société civile, Omar Kavota, quatre personnes sont mortes à Goma, dans l'est du pays.

Le projet de loi soumis au vote sème la méfiance dans l'opposition, qui soupçonne le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, de vouloir s'en servir pour s'accrocher au pouvoir après la fin de son mandat.

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