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Un étudiant de Dalhousie suspendu sans avoir vu les messages sur Facebook

21/01/2015 09:58 EST | Actualisé 23/03/2015 05:12 EDT

HALIFAX - Les avocats d'un étudiant en dentisterie de l'Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse, affirment que l'établissement a injustement suspendu leur client notamment parce qu'il a cliqué sur le bouton «j'aime» sous une photo suggestive.

Sarah MacIntosh a déclaré en conférence de presse, mercredi, que l'université avait suspendu les stages cliniques de son client Ryan Millet plus tôt cette semaine seulement pour cette raison et parce qu'il était inscrit à la page Facebook qui présentait du contenu sexuellement violent concernant des étudiantes de la faculté.

Me MacIntosh l'a appris mardi soir, lors d'une audience disciplinaire qui a duré quatre heures, au cours de laquelle M. Millet a témoigné. L'avocate martèle que l'étudiant de 29 ans n'avait même pas vu un des deux messages et il n'a réagi qu'à un des six messages publiés sur la page.

La photo en question montrait une femme qui avait entre ses jambes une pancarte où il était inscrit «entrée publique».

«En cliquant sur le bouton "j'aime" sur la photo, il s'est vu suspendu indéfiniment et il a mis son diplôme et sa carrière en jeu», a déploré Mme McIntosh.

Mme MacIntosh estime que M. Millet a été ciblé injustement par un comité disciplinaire qui l'a jugé coupable par association.

«Si la culpabilité par association est la nouvelle norme pour prouver un manque de professionnalisme, les gens vont devoir commencer à considérer les films qu'ils ont regardés, les fêtes auxquelles ils sont allées et où d'autres personnes ont probablement fait des commentaires inappropriés», a-t-elle souligné.

L'avocate dit que son client savait que ces messages étaient sexistes, homophobes et misogynes. Un des messages portait même atteinte au principe de confidentialité des patients. Sur une image, on pouvait voir l'un d'entre eux, couché sur une civière, qui était couvert partiellement d'une serviette.

Bruce McIntosh, qui fait partie de l'équipe d'avocats de M. Millet, s'est aussi plaint des démarches de l'université. Selon lui, l'établissement n'a pas partagé d'information sur son client et tout le processus de suspension s'est fait à vase clos.

Les avocats de Millet ont demandé d'ajourner l'audience lorsque le comité a rejeté la possibilité d'annuler sa suspension. Ils réclament que l'université recommence complètement les procédures en incluant un juge à la retraite ou un arbitre pour déterminer les véritables coupables.

Me McIntosh affirme qu'ils ne se représenteront pas à l'audience sans la présence d'un juriste neutre. Si cela ne fonctionne pas, il compte aller plus loin.

«Il y a la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse qui pourrait être intéressée à examiner (le cas) », a indiqué M. McIntosh.

L'Université Dalhousie affirme qu'elle a agi de manière équitable et qu'elle évaluera la situation des 13 membres du groupe Facebook individuellement.

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