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Un an après la tragédie de L'Isle-Verte, les changements se font attendre

21/01/2015 02:30 EST | Actualisé 23/03/2015 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le grand froid qui a récemment frappé le Québec a causé un malaise chez Yves Desjardins, qui a immédiatement eu une pensée pour l'incendie tragique qui a causé la mort de 32 personnes dans une résidence pour personnes âgées de L'Isle-Verte, il y a un an.

Les vents et le froid rappelaient les conditions qui ont contribué à l'embrasement, en janvier 2014, et ont rappelé au directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés qu'il fallait en faire davantage.

L'incendie a éclaté peu après minuit, le 23 janvier dernier, engouffrant la résidence de trois étages, construite en 1997 et qui ne possédait pas de gicleurs. Le brasier a été nourri par de forts vents dans une nuit extrêmement froide.

Plusieurs occupants de la partie de la résidence ayant été détruite avaient besoin de fauteuils roulants ou de marchettes pour se déplacer et étaient sous l'effet des médicaments qu'ils prenaient avant de dormir. Une nouvelle aile, construite en 2002, avait des murs pare-feu et des gicleurs et avait été épargnée.

Dans la foulée de la tragédie, la vice-présidente du groupe de défense des droits des aînés CARP, Susan Eng, avait manifesté son espoir que la tragédie puisse pousser les autorités à agir en imposant des règles plus sévères et en obligeant l'installation de gicleurs dans tous les édifices.

Or, elle remarque qu'aujourd'hui encore, dans chaque province, «il y a des résidences plus vieilles qui n'ont pas été mises à niveau et elles devraient l'être».

Les règles à ce sujet variant d'une province à l'autre, le groupe de Mme Eng s'est lancé dans une campagne afin de demander aux ministres responsables de la sécurité des résidences pour personnes âgées — au fédéral, dans les provinces et dans les territoires — de rendre obligatoire l'installation de gicleurs dans ces édifices.

Les intervenants espèrent également que le coroner Cyrille Delage, qui a enquêté sur la tragédie, recommandera en priorité la mise à niveau des résidences plus anciennes afin que des gicleurs y soient installés. Une porte-parole du bureau de M. Delage a indiqué que son rapport serait rendu public plus tard cette année.

M. Delage, qui a également présidé une enquête sur un incendie criminel qui avait causé la mort de 35 personnes dans une résidence pour personnes âgés de Notre-Dame-du-Lac, en 1969, a déjà indiqué que l'installation de gicleurs ne serait pas suffisante.

Les témoignages entendus au cours de l'enquête ont révélé plusieurs lacunes allant de la formation inadéquate des pompiers au contournement des règles de construction en passant par le manque de préparation des employés pour une évacuation en pleine nuit.

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