DIVERTISSEMENT

Portrait de Mikhail Ahooja : jeune premier, fils d'immigrant et Québécois pure laine

21/01/2015 05:58 EST | Actualisé 21/01/2015 06:00 EST

Sa belle gueule lui vaut des rôles de jeunes premiers. Ses origines indo-québécoises lui donnent accès à une variété de personnages d’origines étrangères. Son talent lui a permis de tenir le premier rôle dans le film La maison du pêcheur. Et les trois éléments réunis ont fait de Mikhail Ahooja l’un des jeunes acteurs en vue des dernières années, avec des rôles dans Au Secours de Béatrice, Mémoires Vives et Les Jeunes Loups.


Mikhail Ahooja


N’eut été d’un coup de foudre pour l’improvisation au secondaire, Mikhail Ahooja ne serait probablement pas acteur aujourd’hui. Il affirme d’ailleurs que le théâtre l’ennuyait profondément… même à ses débuts au Conservatoire. « J’adorais la magie de l’improvisation, le côté non scripté et la possibilité de surprendre les gens avec des idées inimaginables. À l’inverse, j’avais l’impression que le théâtre était plus banal et souvent moins dans l’humour, alors que je suis du genre à préférer rire que pleurer dans la vie.

« Au Cégep Marie-Victorin, je me suis inscrit en Arts et lettres, option théâtre, parce que ça s’approchait de l’impro. Ça m’a pris du temps pour apprivoiser la discipline. Mais finalement, le théâtre, c’est comme le vin : plus j’en ai vu et plus j’en ai fait, plus j’ai aimé ça. »

Confiné aux rôles d’étrangers?

Pendant des années, son teint basané et son nom à consonance étrangère ont été associés à Luis (Minuit, le soir), Ibrahim (Pure Laine) et Karim (Lance et compte : La revanche). Il a ensuite été reconnu sous les prénoms de Gabriel (Destinées), Fabrice (Toute la vérité) et Denis (Les Rescapés). Puis, les nationalités qu’on lui prêtait se sont mélangées.

En 2014-2015, il a interprété un journaliste d’origine arabe (Ali El Fassi) dans Les Jeunes Loups, un bad boy québécois (Félix Langevin) dans Mémoires Vives et un résident en médecine indo-québécois (Anju Sen) dans Au Secours de Béatrice. Une variété dont il tire profit.

« Je n’aurais jamais obtenu certains rôles si je n’avais pas un nom qui semble venir d’ailleurs. Probablement aussi que je n’ai pas été invité à quelques auditions, parce que je suis associé aux personnages d’immigrants et de nouveaux arrivants dans la tête de certains. Mais je me concentre surtout à jouer les gars à part entière, qu’ils soient médecins ou journalistes, avant de jouer leurs origines. Je me fais un point d’honneur de n’avoir aucun accent et de ne jamais jouer sur les clichés.

Tête d’affiche

Tenant des rôles importants au théâtre (Cantate de guerre, Rouge, Pervers) au cours des dernières années, il a également interprété Bernard Lortie, le personnage principal de La Maison du pêcheur (2013), le film sur la genèse de la Crise d’octobre, réalisé par Alain Chartrand. Une expérience qu’il chérit dans sa mémoire, malgré les critiques très négatives à l’endroit du film.

« Je ne m’attendais pas à des critiques dithyrambiques, mais j’ai trouvé ça difficile pour Alain, qui voulait faire ce film depuis 10 ans. En même temps, en tant qu’acteur, on apprend à vivre avec les critiques dès la première journée au Conservatoire. Et je garde de beaux souvenirs du tournage. Pour la première fois, je sentais que j’étais un comédien qui n’avait pas besoin de se prouver. J’avais assez de nourriture pour construire mon personnage, contrairement à certains rôles épisodiques à la télé où l’on doit travailler fort pour combler certains trous. Durant les 30 jours de tournage, on était comme une petite famille. Encore aujourd’hui, je vois les trois autres acteurs (Vincent-Guillaume Otis, Charles-Alexandre Dubé, Benoit Langlais). »

Intrigues à venir

Cet hiver, ceux qui suivent les histoires de l’urgentologue Béatrice Clément verront Anju Sen prendre plus de place. « On va en connaître un peu plus sur sa vie personnelle. Anju est un fils d’immigrant dans la plus pure tradition. Ses parents ont fait beaucoup de sacrifices pour qu’il étudie dans une formation ultra noble, comme la médecine. Il ressent beaucoup de pression de leur part et il n’a pas droit à l’erreur. Il pousse si fort dans ses études qu’il est très maladroit socialement. À un certain moment dans l’histoire, il va habiter avec Olivier-Luc Laveaux (Pierre-Luc Brillant)… »

En parallèle, les téléspectateurs pourront découvrir d’autres facettes de son talent d’acteur. Dans Mémoires Vives, Ahooja joue un ex-cocaïnomane charmeur, qui tente de reprendre sa vie en main, en vivant une idylle avec Mathilde (Charli Arcouette). Il apparaîtra également au générique de 19-2, où il interprète un bandit qui travaille pour un réseau de prostitution juvénile et qui se lie d’amitié avec la fille du sergent.

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