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PKP esquisse sa position en matière de laïcité dans la fonction publique

21/01/2015 10:07 EST | Actualisé 23/03/2015 05:12 EDT

SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU, Qc - Le candidat à la direction du Parti québécois Pierre Karl Péladeau s'est montré favorable, mercredi, à une interdiction du port des symboles religieux aux fonctionnaires en position d'autorité ainsi qu'aux enseignants.

M. Péladeau a présenté succinctement sa position avant d'aller rejoindre ses collègues députés réunis en caucus à Saint-Jean-sur-Richelieu en prévision de la prochaine rentrée parlementaire.

Dans un bref échange avec les journalistes, M. Péladeau a affirmé qu'il appuyait une recommandation du rapport de la commission Bouchard-Taylor concernant les fonctionnaires en position d'autorité.

Le député de Saint-Jérôme a expliqué qu'il était d'accord avec l'interdiction du port de symboles religieux aux magistrats, procureurs de la Couronne, policiers, gardiens de prison, ainsi qu'aux président et vice-président de l'Assemblée nationale du Québec.

M. Péladeau a cependant ajouté que les enseignants devraient également être soumis à cette interdiction.

Constatant qu'un nouveau sondage montrant qu'une majorité de Québécois seraient favorables à l'adoption d'une charte de la laïcité, M. Péladeau a affirmé que le premier ministre Philippe Couillard tentait d'éviter le débat.

«Il semble que le gouvernement libéral de M. Couillard ne considère pas que cette question est importante, il botte en touche, a-t-il dit. Je pense que les Québécois sont clairs à l'effet qu'effectivement, une pièce législative est importante.»

Laissant la porte ouverte au résultat qui pourrait émerger d'un débat parlementaire sur un éventuel projet de loi, M. Péladeau a cependant exprimé son appui à la suggestion de Bouchard-Taylor.

«Moi, personnellement, je suis d'accord avec ça, a-t-il dit. (...) Tout le détail, je ne peux pas vous dire, mais effectivement, tout ce qui est en autorité serait quelque chose d'important.»

M. Péladeau n'a pas voulu dire avec quels éléments du projet de loi 60 du Parti québécois — qui proposait d'interdire les symboles religieux à l'ensemble des fonctionnaires — il est d'accord, mais il a précisé l'importance d'inclure les enseignants.

«J'ai une opinion là-dessus, je pense que ça ne devrait pas avoir lieu, mais encore là, ça va être une question qui va être débattue», a-t-il dit.

Candidat à la direction du PQ lui aussi, le député Bernard Drainville, qui a porté le projet de loi 60, a présenté récemment une version révisée de sa proposition, dans laquelle il a renoncé à interdire les symboles religieux dans les universités, cégeps et municipalités.

Tous les fonctionnaires en position d'autorité seraient visés par l'interdiction, tout comme les employés des Centres de la petite enfance, des hôpitaux et les enseignants. Seuls les nouveaux employés de ces institutions seraient toutefois soumis à cette règle, alors que le projet de loi 60 ne prévoyait pas d'exemption.

«On ne devrait pas craindre nos concitoyens musulmans, a dit M. Drainville mercredi. Actuellement, il y a des Québécois qui ont une certaine peur, j'imagine, et je pense que c'est lié au fait qu'il n'y a pas de règles claires pour gérer les demandes d'accommodement.»

Le chef intérimaire, Stéphane Bédard, a affirmé que le point de départ du PQ demeurerait toutefois le projet de loi 60, que les péquistes sont prêts à aménager.

«Nous, au PQ, on n'a aucun malaise à discuter de ça pour voir comment on peut améliorer le projet de loi qu'on a déposé ou le traiter différemment, a-t-il dit. Au moins, ayons une position concrète. Le Québec a besoin d'un signe clair que le gouvernement s'intéresse à cette question.»

En déplacement en Europe, M. Couillard a affirmé au cours des derniers jours qu'il ne fallait pas précipiter le débat sur la laïcité pour éviter de faire le lien entre la question des symboles religieux et les récents actes terroristes commis par des djihadistes en France.

En avril, M. Couillard s'était montré plus pressé de régler la question, «très tôt» dans son mandat, un objectif qu'il a nuancé cette semaine en promettant d'agir d'ici les prochaines élections de 2018. Mercredi, il a toutefois laissé entendre que le projet de loi visant à proclamer la neutralité religieuse de l'État québécois pourrait finalement être déposé d'ici la fin de la session parlementaire.

Sans faire de lien explicite avec le séjour de M. Couillard en Arabie saoudite, où il a travaillé comme médecin, M. Bédard a toutefois constaté un malaise du premier ministre sur la question de la laïcité, ce qu'il a attribué à son «historique».

«Il y a un malaise qu'on perçoit, je ne sais pas si c'est dans les événements qu'il a vécus, les travaux qu'il a faits, je ne le sais pas», a-t-il dit en réclamant des explications à M. Couillard à ce sujet.

Le député péquiste Alexandre Cloutier, candidat à la chefferie dont la position est semblable à celle de M. Péladeau, a estimé qu'un consensus serait facile à atteindre au sein du PQ, de même qu'avec la Coalition avenir Québec et Québec solidaire.

«On ne s'obstinera pas pour savoir si on ajoute les profs ou non, si ça prend la clause grand-père, a-t-il dit. Je suis convaincu qu'on est capables de s'asseoir tout le monde ensemble et de trouver le bon consensus. La CAQ voulait les profs, Québec solidaire n'en voulait pas, honnêtement, si c'est juste ça le problème, on va le régler.»

La leader parlementaire péquiste Agnès Maltais a affirmé que devant l'inaction du gouvernement, le PQ déposerait un projet de loi pour créer un observatoire de l'intégrisme religieux, qui reprendra des propositions de l'ex-députée libérale Fatima Houda-Pépin, expulsée du caucus parce qu'elle s'opposait à M. Couillard sur ces sujets.

«Pour prévenir, il nous faut comprendre ce qui se passe, a-t-elle dit. Nous devons comprendre le phénomène de la radicalisation des individus ou des groupes. Cette compréhension-là, nous ne l'avons pas encore amorcée. Nous devons disposer de données effectives, objectives.»

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