POLITIQUE

Parti québécois: un caucus sous le signe de la charte

21/01/2015 04:56 EST | Actualisé 21/01/2015 05:06 EST

SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU - Le fantôme de la charte des valeurs est revenu hanter les députés péquistes mercredi. Un sondage SOM-Cogeco Nouvelles place l'appui au projet de loi à un sommet historique.

En effet, 59% des Québécois souhaitent que le gouvernement provincial adopte une charte de la laïcité. Après répartition des indécis, l'appui grimpe à 68%.

Avant le déclenchement des élections par le gouvernement Marois, 51% des Québécois étaient favorables à la charte des valeurs.

Phénomène inquiétant, 16% des répondants affirment avoir une perception plus négative des immigrants depuis les attentats contre Charlie Hebdo, révèle le même sondage. Pire, 24% des répondants ont une opinion plus négative des musulmans depuis les événements de Paris.

Le sondage en ligne a été mené du 16 au 19 janvier 2015 auprès de 1 571 internautes adultes québécois.

Chacun sa charte

Parrain de la charte des valeurs dans le gouvernement Marois, Bernard Drainville affirme ne pas être étonné par cet appui massif. «Je ne suis pas surpris. Une majorité des Québécois veulent que ça se règle cette histoire-là. Ils sentent qu'on est actuellement dans une espèce de vide où il n'y a pas de règles», dit-il.

Bernard Drainville a présenté la semaine dernière une version amendée de son projet de loi. Il propose désormais de soustraire les employés actuels à l'interdiction de porter des signes religieux. Les cégeps, universités et municipalités seraient également exclus du champ d'application de cette charte 2.0.

Meneur dans la course à la chefferie du PQ, Pierre Karl Péladeau a commenté du bout des lèvres le dossier de la charte de la laïcité. Talonné par les journalistes, il a affirmé qu'il prône uniquement l'interdiction des signes religieux pour les personnes en position d'autorité et pour les enseignants.

«Tout le détail, je ne peux pas vous dire, mais effectivement, tout ce qui est en autorité serait quelque chose d'important», a-t-il dit.

Également candidat à la chefferie, Alexandre Cloutier a plaidé pour un terrain d'entente. Lui-même souhaite que la charte s'applique uniquement aux personnes en position d'autorité. Il rejette également l'idée d'une clause grand-père.

«On ne s'obstinera pas pour savoir si on ajoute les profs ou non, si ça prend la clause grand-père, a-t-il dit. Je suis convaincu qu'on est capables de s'asseoir tout le monde ensemble et trouver le bon consensus. La CAQ voulait les profs, Québec solidaire n'en voulait pas; honnêtement, si c'est juste ça le problème, on va le régler.»

Pour sa part, Martine Ouellet n'a pas encore fait connaître sa position sur la question. La députée de Vachon estime toutefois qu'un certain «consensus» a émergé dans le débat autour de l'égalité homme femme, de même que sur la neutralité de l'État. «Ce sont des incontournables au Québec», dit-elle.

De la Suisse, où il assiste au Forum économique de Davos, le premier ministre Philippe Couillard a refusé de commenter les propositions des candidats péquistes sur la charte des valeurs. C'est seulement lorsque la course à la direction du PQ sera terminée qu'il sera possible de connaître la réelle position du parti en matière de laïcité, a-t-il estimé.

Après avoir laissé entendre la semaine dernière qu'il serait peu probable que le Québec légifère dans ce dossier d'ici la fin de la présente session parlementaire, M. Couillard a affirmé mercredi qu'il n'était «pas exclu» qu'un projet de loi soit déposé d'ici la fin du mois de juin.

Lutte contre l'intégrisme

Les attentats de Paris, de même que les événements de Saint-Jean-sur-Richelieu et Ottawa, ont alimenté les discussions du caucus péquiste. En fin de journée, le PQ a annoncé qu'il déposera dès la rentrée parlementaire un projet de loi afin de créer un observatoire sur l'intégrisme religieux.

L'idée avait été proposée par la députée libérale Fatima Houda-Pepin, qui a été expulsée de l'aile parlementaire par Philippe Couillard.

En matinée, le chef péquiste intérimaire, Stéphane Bédard, a dénoncé le fait que le projet de loi pour lutter contre l'intégrisme a été confié à la ministre de l'Immigration, Kathleen Weil.

«Il mélange la lutte à l'intégrisme à l'immigration, c'est assez incroyable», a-t-il dit, précisant que les actes terroristes récents ont été commis par des nationaux.

Avec La Presse Canadienne

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