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Les États-Unis ouvrent le dialogue avec Cuba, mais restent prudents

21/01/2015 11:18 EST | Actualisé 23/03/2015 05:12 EDT

LA HAVANE, Cuba - Les États-Unis ont déployé des navires supplémentaires dans le détroit de Floride pour arrêter les bateaux de fortune de réfugiés cubains, mais ont refusé d'apporter des changements profonds à ses règles d'immigration, au premier jour des discussions entre Washington et Cuba, les premiers pourparlers officiels entre les deux pays en plus de trois décennies.

Cuba a demandé aux États-Unis de cesser d'accorder automatiquement un droit de résidence aux Cubains arrivant en sol américain. Le gouvernement cubain blâme des pratiques datant «de la Guerre froide», qui attirent ses citoyens et les poussent à faire le périlleux voyage entre l'île et la Floride.

Les autorités américaines ont signalé une hausse des tentatives de traversée du détroit depuis l'annonce de négociations visant à rétablir des liens diplomatiques entre les deux pays, le 17 décembre. Le nombre de bateaux en mer semble avoir diminué au cours des derniers jours.

Le secrétaire à la Sécurité intérieure, Jeh Johnson, a annoncé que des vedettes de la Garde-Côtière seront déployées pour empêcher que des immigrants cubains et haïtiens arrivent aux États-Unis. Il a toutefois ajouté que les Cubains qui parviendront aux États-Unis ne seront pas déportés.

«Cuba veut établir des relations normales avec les États-Unis, au sens large, mais aussi dans le domaine de l'immigration», a déclaré la responsable cubaine aux affaires nord-américaine, Josefina Vidal. Elle a expressément demandé aux Américains qu'ils cessent d'accorder aux réfugiés cubains «un traitement exceptionnel auquel les citoyens des autres pays n'ont pas droit».

Les Américains souhaitent renvoyer à Cuba des dizaines de milliers de réfugiés qui ont été reconnus coupables de crime. Aucun progrès n'a été enregistré à ce chapitre lors des discussions, selon une source qui y assistait.

Plus tôt, un haut-dirigeant cubain s'est toutefois empressé de prévenir qu'une normalisation des relations diplomatiques avec les États-Unis ne se traduira pas immédiatement par une normalisation de tous les liens entre les deux pays, après un demi-siècle d'hostilité.

Cet avertissement semble destiné à réduire les attentes, après que le président américain Barack Obama ait profité de son discours sur l'état de l'Union, mardi soir, pour déclarer qu'il entretient «un nouvel espoir pour l'avenir de Cuba».

Les discussions de mercredi ont notamment porté sur ce que le département d'État appelle «une migration sécuritaire, légale et ordonnée». Il a notamment été question de la sécurité des vols entre La Havane et Miami, de la lutte aux documents illégaux et d'une éventuelle collaboration lors d'opérations de secours.

Le programme de jeudi est plus épineux, puisqu'il traitera entre autres de la réouverture de l'ambassade américaine à La Havane et de l'ambassade cubaine à Washington.

La délégation américaine est dirigée par Roberta Jacobson. Cette dernière doit aussi rencontrer des militants cubains et des membres de la société civile.

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