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Le nouveau régime fiscal n'effraie pas l'étranger, estime Philippe Couillard

21/01/2015 02:54 EST | Actualisé 23/03/2015 05:12 EDT

DAVOS, Suisse - La réduction des crédits d'impôts et la révision de la fiscalité mises de l'avant par Québec ne donnent pas moins d'outils à la province pour attirer des entreprises, a estimé mercredi le premier ministre Philippe Couillard.

Accompagné de son ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations au terme de sa première journée au Forum économique de Davos, en Suisse, M. Couillard a affirmé que le sujet n'avait pas été évoqué par les intervenants rencontrés au cours de la journée.

Selon lui, les pourparlers visaient davantage à «rassurer» et à détailler le cadre fiscal québécois actuel.

«Nous avons déjà fait une révision de l'aide fiscale aux entreprises, a indiqué M. Couillard. Il faut que cette révision se poursuive (en plus de) conserver un cadre fiscal prévisible et stable.»

Décrétée le 4 juin dans le budget du ministre des Finances Carlos Leitao, la coupe de 20 pour cent des crédits d'impôts avait entre autres suscité le mécontentement de plusieurs secteurs d'activité, dont celui des jeux vidéo et de l'aéronautique.

De plus, depuis qu'il est arrivé au pouvoir, le gouvernement Couillard a quelque peu modifié l'orientation d'Investissement Québec pour que son bras financier prenne plus souvent une participation dans les entreprises qui se voient accorder une aide financière ou une garantie de prêt.

«Rarement, mais à l'occasion, il y aura de l'aide financière non remboursable», a précisé le premier ministre.

Comme il le fait depuis le début de sa mission économique et politique entamée la semaine dernière en Europe, le premier ministre a enchaîné les rencontres — auxquelles les journalistes ne pouvaient assister — pour vendre le Plan Nord, la Stratégie maritime et vanter l'accord de libre-échange avec l'Europe.

Le dossier du climat a néanmoins été à l'ordre du jour, puisque le premier ministre a eu l'occasion de discuter avec la secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, Christiana Figueres, surtout de la Bourse du carbone.

Il en a profité pour décocher une flèche à l'endroit du gouvernement Harper, puisque d'après le communiqué diffusé avant le Forum, aucun des cinq ministres fédéraux dépêchés en Suisse ne semblait participer à des activités concernant les changements climatiques.

«Mme Figueres apprécie les actions du Québec, a observé M. Couillard. Ça donne de la diversité au discours canadien sur les changements climatiques. C'est clair que là-dessus, nous avons une attitude plus proactive que d'autres gouvernements ou territoires.»

S'il déplore la position distincte du gouvernement Harper — critiqué sur la scène internationale sur les questions d'environnement —, le premier ministre québécois s'est toutefois gardé de faire la leçon à Ottawa.

«Il est clair que M. Harper et moi avons de bonnes relations, a affirmé M. Couillard. Mais sur la question des changements climatiques, il est clair que notre orientation est différente. D'abord la reconnaissance du phénomène, la volonté de le combattre et d'attacher un prix au carbone.»

En dépit de la position du gouvernement fédéral en ce qui a trait à l'environnement, le premier ministre ne se sent pas isolé dans ce dossier sur la scène nationale, notamment, d'après lui, grâce aux efforts déployés par la première ministre ontarienne Kathleen Wynne.

«Les enquêtes montrent que la majorité de la population canadienne démontre une volonté de combattre les changements climatiques, a affirmé M. Couillard. Si vous prenez le Québec et l'Ontario, vous avez la moitié de la population qui est représentée.»

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