NOUVELLES

La France annonce de vastes mesures de lutte au terrorisme

21/01/2015 07:39 EST | Actualisé 23/03/2015 05:12 EDT

PARIS - La France a annoncé mercredi de vastes mesures pour lutter contre le terrorisme domestique, y compris l'achat de meilleures armes et d'équipement de protection pour les forces de l'ordre, l'embauche d'agents du renseignement et la mise sur pied d'une meilleure base de données des individus soupçonnés d'entretenir des liens extrémistes.

Le premier ministre Manuel Valls a annoncé ces mesures au moment où quatre hommes soupçonnés d'avoir fourni une aide logistique à un des tireurs de Paris étaient mis en examen pour «association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d’atteintes aux personnes».

Ce sont les premières accusations déposées depuis que la capitale française a été secouée par trois jours de terreur.

Les nouvelles mesures incluent la cueillette davantage de renseignements concernant les djihadistes et d'autres radicaux, notamment en facilitant les écoutes téléphoniques. M. Valls a affirmé que les fournisseurs d'accès Internet et les réseaux sociaux «ont une responsabilité légale en vertu de la loi française» de se plier aux nouvelles mesures.

Quelque 2600 agents de lutte au terrorisme seront embauchés, dont 1100 spécifiquement pour les services de renseignement. Une surveillance antiterroriste est requise pour environ 3000 individus ayant des liens avec la France, autant au pays qu'à l'étranger, a dit M. Valls.

Les responsables disent qu'environ 1200 citoyens et résidants français sont maintenant liés aux djihadistes étrangers. Le ministre de la Défense a notamment révélé, mercredi, que dix anciens soldats français combattent actuellement en Irak et en Syrie.

Le premier ministre répète son intention d'améliorer les armes et l'équipement des policiers depuis que trois d'entre eux ont été abattus par les terroristes de Paris. La France entend dépenser 425 millions d'euros au cours des trois prochaines années pour financer ses efforts de lutte au terrorisme, a-t-il dit.

De son côté, le président François Hollande a annoncé que seulement 18 300 postes seront retranchés au sein de l'armée d'ici 2019, au lieu des 25 800 annoncés précédemment.

Les quatre accusés sont âgés d'une vingtaine d'années et ont tous été arrêtés dans la région de Paris. Le procureur François Molins a décrit une toile d'appels téléphoniques, de clés partagées et d'amitiés nouées en prison.

Les quatre suspects demeureront incarcérés jusqu'à nouvel ordre. Ils sont simplement identifiés comme étant Mickael A., Willy P., Christophe R. et Tonino G.

Trois sont soupçonnés d'avoir acheté des armes — qui auraient été entreposées chez l'un d'entre eux — pour Amedy Coulibaly, qui a abattu une policière à Paris le 8 janvier avant, le lendemain, de tuer quatre otages dans une épicerie casher de Paris, avant de finalement tomber sous les balles de la police.

Trois des suspects sont déjà connus des policiers, et au moins un d'entre eux avait rencontré Coulibaly en prison, a dit M. Molins. Coulibaly lui-même avait rencontré en prison Chérif Kouachi, un des deux frères qui ont tué 12 personnes dans les locaux de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo.

L'avocat d'un des accusés dit que son client ne savait rien d'un éventuel complot terroriste et qu'il avait peur de Coulibaly. Fabrice Delinde a déclaré au réseau de télévision BFM que son client a été terrorisé et intimidé pour obtenir sa coopération.

M. Molins dit que trois des hommes sont soupçonnés d'avoir acheté des armes et du matériel tactique pour Coulibaly, mais qu'ils ne sont pas accusés de complicité en lien avec les attentats.

L'ADN de Mickael A. a été retrouvé sur une arme de poing dans l'appartement de Coulibaly et sur un gant que le tueur portait à l'épicerie. M. Molins a ajouté que le suspect a eu 18 contacts téléphoniques avec Coulibaly le 6 janvier.

M. Molins a déclaré que les autorités françaises collaborent avec d'autres pays pour identifier d'autres complices éventuels. Ils tentent notamment de déterminer qui a filmé la vidéo de Coulibaly qui a été éditée et diffusée quelques jours après les affrontements avec la police. M. Molins a admis que l'enquête sur les frères Kouachi progresse moins rapidement que celle sur Coulibaly.

Dans cette vidéo, Coulibaly jure allégeance au groupe armé État islamique et explique comment les trois hommes ont orchestré les attaques.

Par ailleurs, les autorités belges ont annoncé l'arrestation d'un cinquième individu qui serait relié à la cellule terroriste qui planifiait des attaques contre la police. Les procureurs belges ont aussi révélé que les deux suspects tués lors de la perquisition de Verviers la semaine dernière sont des Belges âgés d'une vingtaine d'années.

PLUS:pc